ACTE TROISIÈME
SHARPLESS
Je sais qu'à cette épreuve, il n'est pas de remède! Mais au fils qu'elle adore il faut prêter notre aidel
PINKERTON
Hélas ! la senteur fragile De ces fleurs-là, pour mon cœur, Est un poison ! . . . Je retrouve l'asile
De mon bonheur !
Un froid de tombe s'est fait!
(Apercevant son portrait.)
Mon portrait !
Et durant trois années, Elle a*'dans sa constance Aux. larmes condamnée, Compté les heures de mon absence!
SHARPLESS
L'étrangère, D'un cœur sincère, Sera la mère De cet enfant!
Sois confiante, ouvre ton âme A cette femme, Et vers nous conduis-la!
Si ta maîtresse surprend la confidence, Mieux vaut, je pense, Qu'en sa présence, Elle apprenne la vérité ! Va Sans crainte vers cette femme!
En elle tu peux avoir foi!
Va vite et crois-moi, Va. Souzouki, vaj
SOUZOUKI
1 Malheureuse ! et pourrai-je espérer qu'une mère?... Pourrai-je briser le cœur d'une mère?. . . O détresse, ô misère!
Affreux destin!
~ l Peine amère !
c/3 1 Pour cette enfant le soleil s'éteint!
£; I O détresse ! Affreux destin! Peine amère! ^ A ses regards le soleil s'éteint!
\ Malheureuse!...
(Elle sort dans le jardin.)
PINKERTON
Je n'y puis résister, Sharpless, je vous attendrai.
SHARPLESS
Avais-je assez dit vrai!
PINKERTON
Que vos bontés lui viennent en aide !
L'ardent remords m'accable et la douleur m'obsède !
Rendez-m'en témoignage!
Au jour du mariage, La pauvre, vous le disais-je, Se donne sans retour, Son cœur, pris au piège, Sourd au doute qui l'assiège, A gardé, pur et fidèle, son seul amour )
PINKERTON
En cet instant suprême, je vois quel est mon crime ! Pardonne-moi, touchante victime!
L'âpre remords m'étreint et pour jamais!