ACTE DEUXlfexME
que je garderais les arrêts jusqu'à son retour du prétoire, et il m'a enfermé; voilà dans quels termes nous sommes.
HENRI
Gomment es-tu sorti? Tu as dévissé la serrure?
RBYNOLD.
Non. Tai pris tout simplement par le tilleul qui est sous ma fenêtre... J'ai même déchiré mon pantalon, et ma chambre étant fermée, j'ai été obligé d'en prendre un à M. Barge père... (se îerant.) C'est justement son pantalon de gala... J'espère bien le déchirer aussi en rentrant chez moi par le même escalier.
HENRI, se tarant.
Je remarque avec plaisir que nous ne sommes pas aussi tristes que la circonstance semblerait le comporter.
REYNOLD
Sais-tu pourquoi, beau-frère?
HENRI
Oui, beau-frère, je le Sais. (ils se donnent une poignée demain.)
RETNOLD
J'espère que Fanny ne doutera pas plus de moi que tu n'en doutes toi-même; en tout cas tu te charges de la rassurer ?
HENRI
Parbleu! charge-t-en toi-même : elle va rentrer.
RETNOLD.
C'est que je ne serais pas très-flatté de me présenter à elle dans cet accoutrement.
t Le fait est que tu n'es pas délicieux.
RETNOLD.
Je ne sais pas si c'est le pantalon qui est mal fait, ou si c'est papa... Pour le moment, j'aime mieux croire que c'est papa, ça flatte mon ressentiment...
HENRI
Nous sommes de même taille; tu choisiras dans ma garde-robe.
R E Y NO L D , suppliant.
Prête-moi ton pantalon gris-perle!
HENRI
Tu en auras bien soin? — Accordé. — Mais, dis-moi donc ! Il me semble que ton père ne devait se mêler de ton mariage que pour le bénir? — Que fait-il de sa pro-
REYNOLD
Il y manque, voilà tout. On me Ta changé, te dis-je. — Ce qu'il y a d'atroce dans son procédé, c'est qu'il avait accueilli ma petite communication avec une joie très-bien jouée : « Charmante fille! Braves et honnêtes gens! Tu ne pouvais mieux choisir. » Je lui avais passé son habit noir et ses gants blancs, — car il aime à faire les choses en