ACTE PKEMIER
dans la montague. Cet enfant-là me fera mourir d'inquiétude. Enfin I — Caverlet n'est pas ici?
HBRRIETTB.
Non... il est à Lausanne; tous auriez dû tous croiser en route.
BARGE, s'aueyant près d'tll*.
J'ai pris par le plus long, espérant rencontrer monsieur mon fils... Ah! bien oui!
HENRI
Puisque je vous tiens, j'ai une consultation à vous demander.
BARGE
Tu m'honores. Parle.
HENRI
Vous êtes juge de paix, donc vous connaissez les lois.
BARGE
Intimement.
Pouvez-vou3 me dire quels sont, pour un étranger, les moyens de se faire naturaliser Suisse?
BARGE
Il y en a trois : le premier... mais qu'est-ce que cela te fait?
HENRI
Voici : tous les jeunes gens du canton sont sur le point de satisfaire à la loi militaire; moi seul, je ne partirai
A MADAME CAVERLET.
pas. Je suis à l'âge où Ton doit servir son pays, et je n*ai pas de pays. J'en veui un !
HESRIETTE*
Quelle idée te prend? Ta n'avais jamais parlé de cela. Cest absurde.
FABHT, eeafae h ciné à» m nère près de U leMe.
Je ne trouve pas.
BARGE. I Henri.
Mais n'es-tu pas Anglais?
HEHRI.
Si peu!... On n'est pas Anglais pour être né en Angleterre d'un père anglais, quand on n'a revu ni l'Angleterre ni son père depuis l'âge de cinq ans. Je sais à peine la langue de mon pays natal : ma vraie langue maternelle, c'est le français (a m mère.) puisque tu es Française; ma patrie, c'est la Suisse, puisque tu es devenue Vaudoise par ton second mariage, puisque j'ai été élevé à Lausanne, puisque toutes mes affections sont là. Je suis un enfant naturel de la Suisse : je demande à être reconnu, voilà tout.
HENRIETTE
Mais, mon ami...
BARGE
Il a raison, madame. Qu'il endosse l'uniforme du soldat: c'est la robe virile. Et puis, ne comprenez-vous pas qu'il souffre, ce jeune homme, d'avoir une passion sans objet, la plus noble de toutes, le patriotisme? Je vous dirai plus