CHAPITRE DEUXIÈME
galères, maintenant prêtre de l'Oratoire, père du duc de Retz et du futur cardinal , les présidents de Mesmes et Bailleul , sont consultés, non comme complices, mais comme amis. Le pénétrant Richelieu les devine, et les éloigne de la cour et de Paris1. Après être resté quelque temps sur ce théâtre périlleux, où il vit souvent l'abbé de Retz 2, Gampion est bientôt réduit à fuir lui-même à Sedan. On l'envoie à Bruxelles négocier avec l'Espagne. C'est alors qu'il connut Mme de Chevreuse. La politique fit-elle seule les frais de cette liaison? Nous l'ignorons; mais lorsque Alexandre de Gampion raconte au comte de Soissons tout ce qu'il doit à Mme de Chevreuse, le comte, jeune et galant, plaisante un peu son jeune et galant gentilhomme sur ses succès auprès de la belle duchesse , et celui-ci lui répond avec une apparente modestie, mêlée d'assez de fatuité : « 3 juin 1641.
mère qui le perdra et peut-être vous aussi. » Il y a encore dans le Recueil une autre lettre à De Thou où Alexandre de Campion lui annonce qu'il lui renvoie un portrait, des lettres et des bijoux que son ami lui avait confiés, qu'ainsi il pourra les rendre « à cette illustre personne pour qui l'on vous accuse de soupirer. » Il doit être ici question de Mme de Guymené.
i. « Du 24 décembre 1640... Je montrerai vos lettres, suivant votre ordre, à madame votre mère, au père de Gondi et à MM. les présidents de Mesme et de Bailleul... Mais je prendrai la liberté de vous dire que j'eusse été bien aise de les voir en particulier, de peur que M. le cardinal ne sache qu'ils sont de vos amis , cela leur pouvant nuire s'il le découvre. » — « Du 21 janvier 1641. Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du père de Gondi et des deux présidents. Je me doutois bien qu'on sauroit qu'ils seroient venus à l'hôtel de Soissons. »