‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 95 sur 215 · Tome Ier, p · texte numérisé non relu

Tome Ier, p

2. Mme de Vendôme était une personne de la plus haute dévotion et qui en avait le langage.

bile, et c'est ce qui le faisoit paraître artificieux, parce que Ton ccmnoissoit d'abord qu'il n'avoit pas assez d'esprit pour cette fin. Il étoit brave de sa personne et plus qu'il n'appartenoit à un fanfaron. » Ce portrait, tout chargé qu'il est, à la façon de ceux de Retz, est assez vrai; mais au début de la régence, en 1643, les défauts du duc de Beaufort n'étaient pas aussi déclarés, et ils paraissaient moins que ses qualités. La reine ne perdit que peu à peu son goût pour lui. Dans le commencement, elle lui avait proposé la place de grand-écuyer , vacante depuis la mort de Cinq-Mars, qui l'aurait chaque jour approché de sa personne *. Beaufort eut la folie de refuser cette place, espérant davantage; puis, se ravisant trop tard, il l'avait redemandée, mais alors inutilement. Plus sa faveur diminuait, plus croissait son irritation, et bientôt il se mit à la tête des ennemis du cardinal. M,ne de Chevreuse espéra être plus heureuse en demandant le gouvernement du Havre pour un tout autre personnage, d'un dévouement éprouvé et de l'esprit le plus fin et le plus rare, La Rochefoucauld. Elle eût ainsi récompensé des services rendus à la reine et à elle-même, fortifié et agrandi un des chefs du parti des Importants, et diminué Mazarin en enlevant un commandement considérable à une personne dont il était sûr, la nièce de Richelieu, la

1. C'est Mazarin lui-même qui nous donne ce renseignement jusqu'alors ignoré. IIe carnet, p. 72 et 73.

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