Tome Ier, p
Jci , comme en bien d'autres choses, l'art de Mazarin fut d'avoir l'air de confirmer seulement la reine dans les résolutions qu'il lui inspirait.
Remarquez que ce n'est pas nous qui prêtons ces divers desseins, cette conduite liée et conséquente à Mme de Chevreuse, mais La Rochefoucauld, qui devait être parfaitement informé : il la lui attribue1 et dans sa propre affaire et dans celle des Vendôme. Mazarin ne s'y trompe pas, et plus d'une fois dans ses notes secrètes on lit ces mots : « Mes plus grands ennemis sont les Vendôme et Mn,e de Chevreuse qui les anime. » Il nous apprend aussi qu'elle avait formé le projet de marier sa fille, la belle Charlotte, qui avait déjà seize ans 2, avec le fils aîné du duc de Vendôme, le duc de Mercœur, tandis que son frère Reaufort aurait épousé cette aimable et noble mademoiselle d'Épernon qui, déjouant ces desseins et de bien plus grands, se jeta à vingt-quatre ans dans un couvent de Carmélites 3. Ces mariages, qui auraient rapproché, uni, fortifié tant de grandes maisons médiocrement attachées à la reine et à son ministre, effrayèrent le successeur de Richelieu ; il engagea la reine à les faire échouer sous main, trouvant que c'était déjà bien assez du mariage de la belle made-