VI« LETTRE
« A Monsieur, Monsieur le marquis d*OteforU
« MoDsiear,
« Je crois que voas ayez mis tous vos bons amis en oubli, et principalement votre servante , car je me sois donné Thonneur de vous
écrire plas de vingt fois sans pouvoir apprendre une seule fois de vos nouvelles. Pour moi, il faut que je meure d*impatience de vous voir ici où vous seriez beaucoup mieux.
« Je vous dirai que vous ne connoltrez pas Mademoiselle votre sœur, tant vous la trouverez crue et embellie. L*on me dit que (mot indéchiffrable) Taime plus que jamais et lui parle des quarts d'heure. Toutes les princesses lui font grand*caresse. Madame la princesse lui a donné des heures avec des fermoirs de diamants ; et la reine lui a fait un présent d*une jupe d'étoffe d'Angleterre couleur de feu. L'on passe bien mieux le temps à Fontainebleau qu'en Périgord ; car il y a tous les jours comédie et toutes les belles dames y sont. Votre minoune etM^* de Rohan et M™* de Chevreuse jouent au volant; les princesses et le Roi aussi, quand il y est. Je vous y souhaite tous les jours afin que je puisse dire que je serai, Monsieur, votre très-humble servante. »
La signature de cette lettre est composée de simples initiales qui ont été effacées et qu'on ne peut plus distinguer.
La cour était alors à Fontainebleau.
Le château de Hautefort est en Périgord ; il appartient aujourd'hui au comte Maxence de Damas, fils de M. le baron de Damas, ministre sous la Restauration, et qui avait épousé Charlotte de Hautefort, dernier rejeton de l'antique famille. Voir plus haut, p. 5, et l'Appendice, note II (supplément), p. 251.
La personne qui « parle des quarts d'heure » à Marie de Hautefort ne peut être que le Roi lui-même.
Minoune est sans doute un mot du patois périgourdin pour Mignonne.
FIN DE l'appendice.
Pages.
Ayertissement de réditeur. . • • v