De Mme de la Sablière à Vabbé de Rancé
Ce... [16]88.
J'ay recours à vous, (4) M. T. R. P., sans en recevoir une permission plus expresse que celle que me donne votre dernière lettre. Je n'ay qu'un sentiment sur vos paroles, c'est qu'elles me pénètrent le cœur et (5) ne me laissent pas lieu de croire qu'il y ait autre chose à faire pour moy, que ce que vous me faites l'honneur de m'ordonner ; je ne délibère donc plus sur cette molle (7) restriction que le (6) R. P. avoit mise à ma retraite, de retourner où 'je n'ay que trop longtemps esté. Que veulent dire ces marques de confiance envers (8) N. S. que l'on auroit pas pour quelqu'un que l'on estimeroit? Je remphrai mon temps comme vous me l'ordonnez ; il n'est que trop court, et je n'en trouve point de reste quand personne ne m'en dérobe. Au reste, quoique l'on paroisse consentir en ma- présence à la résolution que j'ay
(1) Ce fragment n'est pas de Mme de la Sablière. Je le crois de l'abbé de Rancé.
(2) On.
(3) Forcées.
(4) Mon très révérend père.
(5) Qu'elles.
(6) Révérend père.
(7) Manque.
(8) Notre Seigneur.
prise de me retirer, le lendemain, ce n'est plus cela, je reçois des lettres remplies d'incertitude, dont, sans vous, mon (1) T. R. P., je serois dans un trouble à perdre l'esprit, car je croirois estre téméraire de me déterminer par moy mesme, et il est constant que le commerce du monde me devient journellement une mortification insupportable, qui m'enlève tout le repos dont je jouirois avec Dieu seul.
A. No 16, F. Lettre 3.