De Mme de la Sablière à Vabbé de Rancé
Fragment. [1692.]
Que je suis heureuse ! je ne vois plus (1) que l'éternité devant moy 1 Quand on a donné son cœur à Dieu, tout est fait ; on n'a
(1) Devant moi.
plus (1) que des sacrifices à luy faire quoy qu'on fasse. Je vois icy tous les jours le lieu où je serai enterrée (2), et je trouve cette veue là si tranquille que je l'aime tout à fait ; mais il me semble qu'à cette occasion, non plus qu'à nulle autre, nous ne devons rien désirer. C'est toujours mon point de veue dans tout ; rien n'esteint si net les mouvemens, et ne (3) mortifie tant l'humanité, ce me semble.
A. No 55.
F. Fragment 16.
[1692 ou 1693.]
Je VOUS prie, M^, de présenter ce billet. J'y fais une prière que je vous fais tout de même, c'est que la nature de mon mal ne soit jamais sceue ni connue de personne, non pas même après ma mort ; car d'ordinaire, les secrets deviennent fort difîérens, et moy, je les trouve tout de même. Mon mal augmente considérablement ; il n'y a pas d'apparence que cela aille bien loin. Je ne demande que la volonté de Dieu. Je compte toujours sur J le secours de vos prières. Adieu, M^. "
A. No 58.