‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 12 sur 99 · LA MARQUISE, MADAME THOMÉ, HENRI · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, MADAME THOMÉ, HENRI

LA MARQUISE

Allons, me voilà sur le champ de bataille... Je vous préviens, madame, que je me défendrai couragement. Les héritiers du comte de La Briche ont des relations nombreuses; mais j’en ai aussi, moi, et mon cousin La Verrière a beaucoup de crédit dans le parlement.

MADAME THOMÉ

Ah ! vous êtes parente de M. de La Verrière?

Oui... vous le connaissez?

MADAME THOMÉ

Mon fils est son médecin.

LA MARQUISE

Oh! alors, tant mieux, nous aurons double influence sur lui. Mais c’est assez vous occuper de ce qui n’intéresse que moi seule ; parlons de vous et de voire fils. — Savez-vous que s’il voyait un peu le monde, au lieu de s’obstiner à vivre dans la retraite , il aurait déjà fixé l’attention de quelque homme puissant?...

MADAME THOMÉ

Qu’y gagnerait-il, madame? nous ne désirons pas lui voir quitter la profession de médecin.

LA MARQUISE

Mais il est toujours utile d’avoir de belles connaissances... Si on trouvait quelque riche établissement pour votre fils?...

MADAME THOMÉ

Un mariage?...

LA MARQUISE

Oui.

MADAME THOMÉ

11 vient d'en refuser un très-beau , très-honorable, et c’était son père qui le lui proposait.

HENRI

Ma mère...

Laissez-la parler, monsieur Henri...

MADAME THOMÉ

Oui, madame, une belle jeune fille qui avait vingt mille livres de dot , et dont le père, commerçant respectable, est un ancien ami de mon mari.

LA MARQUISE

Si vous lui en voulez de ce refus, permettez-moi de vous dire

* Madame Thomé, la marquise, Henri.

que vous avez tort. Un tel parti est fort au-dessous de ce que monsieur votre fils est en droit d'espérer.

MADAME THOMÉ

Cependant, madame, mon fils n’est ni noble ni riche ; il ne peut épouser qu’une fortune médiocre et une bourgeoise.

LA MARQUISE

Pourquoi donc cela? Monsieur Henri peut arriver à tout, et quand même il resterait dans sa position modeste, mais indépendante, pourquoi une femme riche et noble n’irait-elle pas l’y chercher ? Ignorez-vous que les femmes ne calculent rien quand elles aiment P Que leur importent les différences du rang et de la fortune? Elles les abandonnent sans regret pour se rapprocher de celui que leur cœur a choisi; et heureuses, heureuses mille fois celles qui trouvent l’occasion de consommer avec éclat ce sacrifice ! l’amour lesdédommage de tout ce qu’elles ont fait pour lui !

Voici une visite...

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