‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 34 sur 99 · ACTE U, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE U, SCÈNE VI

Vous désirez ardemment la liberté, n’cst-cc pas ?

MARIE

La liberté !

Vous désirez plus ardemment encore retrouver votre fille ?

MARIE

Ma fille !

Vous pouvez rentrer en possession de l’une et de l’autre. Cela dépend de vous.

MARIE

Mon innocence est reconnue?

Non, mais je vous apporte votre grâce.

MARIE

Ah!

A une condition .

MARIE

Parlez !

LA VBRR1ÈHE.

Mettez-vous à cette table et copiez-moi ce billet.

marib , lisant.

« Tu peux te présenter ce soir à onze heures à la petite porte. » Tous mes gens seront écartés. 4e t’ouvrirai moi-même. » 13 juin 1707.» A M. Philippe de Montbrun.

Demain', vous serez libre, vous irez vous établir en pays étranger avec votre fille qu’on ne vous réclamera jamais. Avant votre départ, on vous assurera des moyens d’existence suffisants pour toutes deux.

MARIE

J'entends ; mais que voulez-vous faire de ce billet?

Je n’ai pu saisir aucune preuve écrite de vos relations avec M. de Montbrun. Je suis bien aise d’avoir celle-là.

MARIE

Mes relations avec M. de Montbrun!

Epargnez-moi les protestations d’innocence.

MARIE

Ah ! monsieur!... mais pourquoi voulez-vous que je date ce billet du Ci juin 1707 ? A cette époque M. de Montbrun n 'était pas même à Rouen.

Non, il était à Paris ;, mais vous y faisiez un voyage, et d’ailleurs vous le connaissiez avant d’être mariée. Vous vous le rappelez bien.

MARIE

Ce billet écrit, je serai libre et l’on me rendra ma fille? vous me jurez que je n’aurai pas d’autre formalité à remplir?

Si fait. Il faudra copier plusieurs autres lettres que voici. marie , en lisant une.

« Tu es jaloux de mon mari; pourquoi? Il m’a épousée parce v que j’étais d’une naissance qui flattait son orgueil ; mais de » paît et d’autre ça été un mariage sans amour. Aussi, vivons- * nous comme sœur et frère, et c'est toi, toi seul qui m’as fait » connaître les délices de la passion !...

Continuez.

MARIE

Je ne puis. Quel intérêt avez-vous à remuer cette fange ? En vérité, je ne vous comprends pas !

Que vous importe ? Copiez, et demain vous êtes libre.

MARIE

Je ne veux pas de la liberté au prix de cette honte. Je ne sais quoi me dit que vous voulez faire de ces lettres quelque usage inattendu et infâme... 15 juin 1707... mais quelle obstination mettez-vous donc à faire remonter à cette époque mes prétendus rapports avec M. de Montbrun?

Copiez pour revoir votre fille.

MARIE

Ma 011e! ah! je devine tout. L’année 1707 est celle de sa naissance ; vous voulez désavouer votre enfant !

Eh bien ! quand il serait vrai, est-ce que cela n’est pas juste?

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