SCÈNE V
DOMINIQUE, HENRI, puis MARIE;
HENRI
Dominique !
DOMINIQUE
Ah ! monsieur Henri Thomé !... qui donc vous a fait entrer par le petit escalier?
HENRI
Où est-il votre maître ?
Dans son cabinet. ,
HENRI
Seul?
DOMINIQUE
Avec son procureur, et il a défendu qu’on le dérangeât pour personne.
HENRI
On peut donc rester dans ce salon sans crainte d’être surpris?...
DOMINIQUE
Sans douté, mais que signifie?...
HENRI
Dominique, je viens d’être nommé médecin des Madelonnettes...
Vous!
DOMINIQUE
HENRI
J'y ai fait la connaissance d’une dame...
DOM1MIQUE
Ciel!
HENRI
A laquelle vous êtes tout dévoué...
DOMINIQUE
Ah! plus bas... plus bas... Ma bonne, ma chère maîtresse !... Ainsi vous venez me parler de sa part?... Oh ! que puis-je faire pour elle ?
HENRI
Ah ! vous la croyez innocente, vous?
DOMINIQUE
Si je le crois !
IIENRI.
Bon Dominique !... mon meilleur ami!... ( Allant à la porte par laquelle il est entré .) Il est inutile de vous cacher plus longtemps ; venez, venez, madame... ( Marie entre en chancelant.)
DOMINIQUE
Que vois-je? vous, madame...
MARIE
Oui, moi, moi...
HENRI
Un siège.
Oh! comment êtes- vous libre ? A-t-on reconnu votre innonocence? Est-ce M. de La Verrière qui vous a lait sortir de prison ? ■
HENRI
Non, Dominique. Votre maîtresse n’est pas libre, elle est en fuite. Vous concevez qu’en des circonstances pareilles, elle ne peut rester longtemps dans cette maison, et vous devinez le motif qui l’y amène.
MARIE
Oui, ma fille, ma fille, est-elle encore ici?
DOMINIQUE
Sans doute. Est-ce qu’elle devait partir?...
HENRI
Nous vous expliquerons cela tout àl’heure. Allez la chercher, mon ami.
Dominique, poussé par Marie.
Ah ! je vois maintenant pourquoi vous m’avez écrit de la taire veiller ! je reviens avec elle. (Il sort.)
Henri, tyarie, assise; Dominique.