ACTE IV, SCÈNE VII
LALOCETTE.
Madame...
LA MARQUISE
Allons, mon ami, voici le moment de reconnaître par un service qui en vaille la peine les bontés nue j’ai eues pour vous. Jusqu’à présent vos renseignements s’etaient bornés à des détails de peu d’importance; mais aujourd’hui...
LALOCETTE.
Aujourd’hui vous me demandez une action tout à fait infâme; je me trouve assez coupable Comme cela, madame la marquise, je ne vous dirai plus rien.
la marquise, tirant une bourse de sa poche.
Je vois ce que c’est : la récompense ordinaire vous paraît insuffisante pour un service extraordinaire, Prenez cette bourse qui contient cinquante louis...
LALOCETTE.
Cinquante louis !
LA MARQUISE
Et dites-moi vite où M. Henri a caché cette femme ?
L ALOUETTE
Je ne le sais pas, madame; je vous jure que je ne le sais pas.
LA. MAIIQUISB.
Si fait , vous le savez ; mais vous êtes retenu par un faux scrupule. Qu’arrivera-t-il si nous ne retrouvons pas la prisonnière ? Que M. Henri Thomé se sauvera avec elle à l’étranger et perdra sa réputation et son avenir !
L ALOUETTE
C’est vrai, c’est vrai !
• LA MARQUISE
Ah ! vous voyez bien que j'ai raison ! Allons, mon ami, laissez-vous toucher par l’intérêt de vos patrons et aussf par le vôtre, car enfin il ne faut pas s’oublier. Cinquante louis ! c’est plus d’argent aue vous n’en avez jamais eu en votre puissance et vous seriez neureux au jeu plusieurs jours de suite, que vous auriez encore de la peine à ramasser une somme comme celle-là. ...
LALOUP.TTE.
Quoi, vous savez?...
LA MARQUISB.
Que vous aller tenter la fortune au cabaret de la Ponme-d'Or ? Oui, Jean me l’a dit et je n’y vois pas grand mal ; il faut bien que les jeunes gens s’amusent.
LALOUETTE
Alors, vous savez aussi que votre argent ne me profite guère.
LA MARQUISE
Parce que vous n’en exposez jamais assez, mais ayez une forte somme, celle que je vous offre par exemple, et toutes les
petites bourses viendront se fondre dans la vôtre, même celle du plus habile de vos adversaires, du capitaine Croustillac. Allons, allons, vous acceptez?