‹ Madame de la Verriere drame en cinq actesChapitre 72 sur 99 · ACTE IV, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE X

tout!... Mais malheureux!... vous ne songiez donc pas à l’épouvantable douleur que vous me prépariez ! !

Je n’ai pensé qu’à la mienne ; épargnez-moi , épargnez-moi ! ! ! (Il tombe dans un fauteuil.)

marie , après un silence.

Écoutez-moi : M. Thomé est un honnête homme. Confiezvous à lui , et qu’il imagine un acte antidaté , un contrat quelconque... Je signerai tout ce qu’on voudra... je consens à ruiner ma fille pour sauver la vie de sa sœur ! !

Que dit-elle I

MARIE

Ce que je me refusais à signer, c’étaient des lettres déshonorantes pour moi et pour vous, des lettres qui auraient exposé ma fille à être désavouée, à être privée de son nom... mais puisqu’il ne s’agit que d’argent, c'est bien : donnez tout ce qu’on vous demande!...

la verrière, se levant.

Quelle femme êtes-vous donc? Par quel prodige alliez-vous des sentiments si nobles aux crimes les plus odieux?

MARIE

Quel homme êtes-vous vous-même, vous qui savez comment j’ai été élevée par ma mère et qui pouvez me croire coupable des plus incroyables forfaits. (La Verrière se détourne.) Oh ! ne détournez pas la tète, ne vous éloignez pas: (Allant à lui.) chaque fois que je me trouverai en face de vous je vous parlerai de mon innocence. J’en ai le droit; car j’ai été condamnée, c’est vrai ; mais je n’ai pas été jugée. Oh ! que n’ai-je été confrontée avec les témoins qui m'accusaient? Pourquoi le soin de votre honneur vous a-t-il fait étouffer mon procès? J’ai la conviction qu’un débat public aurait éclairci bien des mystères, et qu’à défaut d’autres preuves, mon accent, mes regards, mon geste, auraient fait éclater mon innocence devant mes juges, comme elle brille en ce moment devant vous!

Page 1