ACTE V, SCÈNE VIII
THOMB,
Accusé, accusé comme vous de l’empoisonnement de M. de La Verrière, on va venir l’arrêter.
MARIE
Je le savais.
THOMÉ
Vous !
MARIE
Et je ne crains rien pour lui ni pour moi. Nous prouverons notre innocence.
THOMÉ
Ah ! je voudrais partager cet espoir ; mais j’ai réiléchi , et je suis épouvanté de votre affaire, entendez-vous?
MAIIIE.
Quoi donc, s’il y avait un moyen de faire évader votre fds, lui conseilleriez-vous de fuir plutôt que d’attendre son procès ?
THOMÉ
Ah! je lui conseillerais de fuir... je lui conseillerais de fuir.
marie, allant à une table et écrivant quelques mots à la hâte.
Prenez ce manteau et ce chapeau, et courez à l’instant chez votre flls. Vous lui direz que, sur votre avis, j'ai adopté un projet de fuite qu’on m’a proposé, et que ie viens de partir pour Bruxelles où je le supplie de me rejoindre; veuillez bien lui répéter cette phrase ; autrement, il ne partirait pas. Pour le reste, qu’il se conforme aux instructions contenues dans ce billet.
THOMÉ
Grand Dieu, mais comment se fait-il?... ( Onze heures sonnent.)
MARIE
Ah! je ne puis vous le dire. Onze heures. Voilà onze heures qui sonnent. C’est l’heure de l’évasion.
THOMÉ
Mais cette évasion est préparée pour vous ; en sauvant mon flls, vous vous perdez.
MARIE
Il est vrai que cette évasion est préparée pour moi ; mais je vous jure, sur la tête de ma fille, que je n’en aurais pas profité. Allez, et revenez m’instruire du succès de cette démarche.
thomé, sortant.
Je vous obéis. Soyez bénie.
marie, rentrant chez elle.
Et toi, mon Dieu, daigne le sauver ! (Nuit à la rampe.)