I.A MARQUISE, a
Quoi ! c’est Henri que vous avez lait fuir ! mais vous ne savez pas... (Elle court au balcon.) Arrêtez ! arrêtez ! ils ne m’entendent pas, les misérables... (On entend un cri aigu suivi d'un gémissement prolongé.) Ah ! ils l’ont tué !
MAIUE.
Tué! qui?...
LA MARQUISE
Lui ! Henri ! que j'aimais, que j’aimais avec fureur, entendstu bien; car ma destinée est d’être toujours ta rivale. Comment n’as-tu pas deviné que, proposée par moi, cette évasion cachait un piège où tu devais périr ?
Mais cette femme n’a pas sa raison... A l’entendre... il semblerait qu’elle avait aposté des assassins dans cette barque.
LA MARQUISE
Malheureux! c’est la vérité !
MARIE
Henri ! Henri !
LA MARQUISE
Ah! tu l’aimais bien aussi, toi ! (Après un moment de silence.) Tenez, voici des papiers qui justifient madame de tous les crimes qu’on lui a reprochés : c’est moi qui ai empoisonné M. de La Verrière, c’est moi qui ai assassiné M. de Monbrun. Henri, tu vois, je pardonne à celle que tu as tant aimée, à ton tour me pardonneras-tu ?
MARIE
Ah! que m’importe cette justification tardive! il est mort, il ne vous entend pas, celui dont l’estime me consolait des mépris de tout le monde : pas plus que vous je ne me sens capable de lui survivre, et j’espère qu’une mort prompte !...
henri, au dehors.
Marie !
MARIE
Quelle voix !
HENRI
Marie !
MARIE
Ah ! (Entrent Henri , puis Lalouetle, suivis d'un magistrat et de plusieurs agents.)