‹ Madame de MaintenonChapitre 118 sur 128 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Voyons, monsieur Jean ! du courage !

Se peut-il que l'oubli d'Irène vous outrage, Et ne disiez-vous pas que vous ne l'aimiez plus ?

JEAN

C'est l'éternelle erreur des cœurs irrésolus.

Je l'ai dit, je l'ai cru... Bon! la chose était siàrc...

Mais ce dépit cruel a rouvert ma blessure.

VFROXIQ.UE.

Eh bien, si vous l'aimez encore, dans ce cas. Sachez si ses parents ne la contraignent pas. Ne la maudissez point sans éclaircir vos doutes.

J E AX , amèrement.

Les femmes, les voilà!... Vous vous défendez toutes...

Non, je suis sur qu'Irène agit de son plein gré.

Le richard lui plait mieux que le pauvre émigré.

Quoi ! les grains sont en baisse, et je prétends qu'on m'aime !

Qui donc voudrait de moi ?... Mais, personne ! et vous-même,

Bien que vos sentiments soient désintéressés.

Dites-moi franchement...

VÉRONIQUE

Monsieur Jean, c'est assez!

II n'est pas question de moi; je vous arrête.

JEAN

Ah ! pardon ! mille fois pardon ! Je perds la tête, Et je deviens méchant... Il fimt partir! allons! Car j'entendrais d'ici grincer les violons

2S LH TRliSOR.

De leur noce maudite... Il vaut mieux que je parte.

C'est bien... Je me ferai soldat de Bonaparte.

Il tombe, sur les bords de l'Adige et du Rhin,

Une grêle de plomb qui guérit du chagrin.

Je vais boucler mon sac, et je pars dans une heure.

Votre oncle héritera de la vieille demeure ;

Vivez-y tous les deux en maîtres absolus...

Et priez Dieu pour moi... quand je n'écrirai plus!

11 sort par la gauche.

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