‹ Madame de MaintenonChapitre 14 sur 128 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

MADAME SCARRON

Mais, m'expliquerez-vous ?. . .

M. DE LU DE

C'est un événement Dont Paris doit pouffer de rire en ce moment ; Un succès pour Scarron, un triomphe ! . . .

MADAME SCARRON

J'écoute.

" M. DE LUDE

Notre ami revenait en chaise, par la route Du cortège du Roi, juste au moment final Et lorsqu'allait passer le fameux cardinal.

— Ah! voyez-vous, je ris encor de l'aventure. — Mazarin triomphait au fond de sa voiture Attendant les vivat , le vieux Napolitain,

Et souriant à tous, quand la foule soudain Aperçoit son farceur chéri, soc cul-de-jartte, Et, laissant défiler le carrosse écarlate Parmi les sabres nus de tout un escadron,

Court à votre mari, criant : Vive Scarron !

Non ! c'était à se croire au bon temps de la Fronde !

Comme un roi, le bouffon saluait tout ce monde,

— Tandis que s'éloignait Mazarin, furieux, —

Et votre époux revient, — voyez, c'est curieux, — Prenant son air modeste et priant qu'on s'en aille; Et suivi par les cris de toute la canaille.

MADAME SCARRON, à part, regardant Antoine.

O honte! Devant lui!

Les cris redoublent au dehors.

COLLE TET

Venez donc voir.

Il va rejoindre de Lude et Lavardin sur le balcon. Antoine s'approche de M<"« Scarron, accablée.

ANTOINE, à M"^^ Scarron.

Adieu, Colombe recueillie au fond d'un mauvais lieu! Lys qui sèche aux feuillets impurs d'un mauvais livre! Patience ! Je vais pour toi lutter et vivre. Antoine de Méran s'engage, sur sa foi ! A t'apporter bientôt un sort digne de toi, Ou, s'il n'y réussit, à ne plus reparaître... J'en jure sur le vieux psautier de ton ancêtre. — Au revoir !

Il baise la main de M™« Scarron et sort avec un grand geste d'adieu COLLETET, du balcon.

Venez donc, madame, ils sont en bas.

MADAME SCARRON, avec une profonde tristesse.

Quelque chose me dit qu'il ne reviendra pas.

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