ACTE I. — SCÈNE I
LE MARÉCHAL, entrant au milieu des saluts .
Bonjour, Messieurs, bonjour.
LE CHEVALIER, s'indinant très bas .
Monsieur le maréchal....
LE DUC, touchant la main du maréchal.
Eh bi^n, vous voilà donc de retour des Cévennes ?
LE MARÉCHAL
Où mes peines, Messieurs, n'ont pas été trop vaines. Les bons coxivertisseurs, morbleu, que mes dragons ! Le croiriez- vous ? J'apporte au roi dans mes fourgons Vingt mille âmes, et plus, de nouveaux catholiques. .. Par exemple, un pays des plus mélancoliques. J'avais soif d'air de cour... Qu'est-ce que l'on y dit?
LE DUC
Mais, d'abord, qu'on fit bien de révoquer l'édit.
LE MARÉCHAL
Sans doute. Et la santé de sa Majesté ?
LE DUC
Bonne.
LE MARÉCHAL
Les bruits de guerre ?
LE DUC
Aucun. La paix de Ratisbonne Est partout respectée et, l'on croit, pour longtemps.
LE MARÉCHAL
Tant pis. — Et nos soldats ne sont pas mécontents Que Vauban, sans égard pour l'état militaire, Leur fasse à Maintenon tant remuer la terre ?
Un silence
LE DUC. à demi-voix •
Maréchal, un conseil d'ami?
LE MARÉCHAL
Moi?... Pourquoi non?
LE DUC
Dites avec respect ce mot de Maintenon.
LE MARÉCHAL
Ah! la Marquise, alors...
LE DUC
Ayez-la pour amie.
Le maréchal rêve un instant, puis se rapproche de la comtesse et du chevalier.