SAMUEL, HENRIETTE
SAMUEL, seul.
Ah ! la pitié s'agite en mon àme inquiète, Et peut-être ai-je été trop sévère...
Henriette entre et court à lui.
Henriette !
Henriette ! — O hasard bienheureux ! Mais pourquoi Vous trouvé-] e à la cour ?
HEXRIETTE
Samuel, sauvez-moi !
SAMUEL
Vous courez un danger... Grand Dieu! par mon épée.
HENRIETTE
Pour vous voir un instant, je me suis échappée. J'étais ici lorsque vous annonça Nanon.
SAMUEL
Ici, sans doute, avec votre père?
HENRIETTE
Hélas ! non.
SAMUEL
Je vous vis prés de lui, voilà trois mois à peine, A Toulon ?
HENRIETTE
Mais, depuis, avec monsieur Duquesne, A bord de sa frégate il est à voyager. Et va donnant la chasse aux pirates d'Alger.
SAMUEL
Il vous laissa donc seule ?
HENRIETTE
A peine une semaine ; Car la marquise, — elle est ma cousine germaine, — M'a fait alors venir à Versailles.
SAMUEL
Comment ?
Dans quel but ?
HENRIETTE
J'avais cru, d'abord, ingénument, Qii'en amie et craignant pour moi la solitude...
SAMUEL
Eh bien ?
HENRIETTE
Non. Chaque jour j'acquiers la certitude