PROLOGUE
M. DE LAVARDIN
Malepeste! Il remplit trop bien la fonction.
MADAME SCARRON
Dieu conserve longtemps celle qui nous protège !
M. DE LAVARDIN
Mais nous voulions aller voir passer le cortège Des deux jeunes époux qui sur nous vont régner. Nous ferez-vous Thonneur de nous accompagner ?
M. DE LU DE
J'ai mon carrosse en bas pour cette promenade.
MADAME SCARRON
Vous l'oubliez, je suis une garde-malade, Et je reste au logis, presque comme au tombeau. — Pourtant ce jeune roi, que chacun dit si beau. J'aurais voulu le voir, une fois, dans ma vie... N'importe ! il ne faut pas céder à cette envie ; Scarron va revenir et je dois être ici.
COLLETET, se levant-
Donc, vous ne venez pas avec nous ?
MADAME SCARRON
Non, merci.
Tous se lèvent, et, tandis que Lavardin et CoUetet se disposent à partir M. de Lude s'approche de M""* Scarron et lui parle a demi-voix.
M. DE LUDE
Dois-je aussi vous quitter ?
MADAME SCARRON
Mais, sans doute.
M. DE LUDE
Ah ! Madame, Aurez-vous donc toujours tant de rigueur dans l'àme, Et ne permettrez-vous jamais qu'à votre aspect L'amour fasse oublier un moment le respect?
MADAME SCARRON, bas et sérieusement-
Pas un mot de plus, comte, il serait une offense Pour la femme d'un pauvre infirme, sans défense.
M. DE LUDE
Si vous saviez...
MADAME SCARRON
Monsieur, je ne veux rien savoir.
M. DE LUDE
Adieu, cruelle!
Les trois hommes saluent pour prendre congé. MADAME SCARRON
Adieu, messieurs, jusqu'au revoir.
MM, de Lude, de Lavardin et CoUetet sortent.