ACTE III. — SCÈNE VII
LE ROI
Qui donc a rapporté ce psautier?
LOUVOIS
Un jeune homme, — Comprenez-vous ? — Qui vient d'Amérique .
LE ROI
L o u V o I s Samuel de Méran.
LE ROI
Il se nomme?
Dieu!
Son âge ?
Vingt-cinq ans.
LE ROT, avec horreur.
LOUVOIS
La date et le nom sont assez convainquants. Il est secrètement reçu par la marquise ; C'est son bâtard. La preuve en est par trop acquise.
LE ROI, éclatant.
Quoi! celle dont j'ai tant respecté la vertu. Là seule auprès de qui mon désir se soit tu!
Quoi! ma sagesse était à ce point endormie?... Celle dont je voulais... Être dupe! Infamie! Dupe ! Louis de France ! oui, le roi très chrétien ! Ah! marquis, ce sera terrible, entends-tu bien? Je sens gronder en moi la rage et la folie ! . . .
LOUVOIS
Sire, qu'ordonnez-vous ?. . .
LE ROI, se maitrisant.
Eh bien, non, je m'oublie.
Non, j'ai tort, je condamne avant d'avoir jugé. A l'aveugle courroux de l'honneur outragé, Un homme céderait; mais un roi le réprime. J'ai la présomption, non la preuve d'un crime. J'attendrai. Dans ceci plus d'un point reste obscur, Et je ne veux punir que quand je serai sûr.
LOUVOIS
Mais pour un tel soupçon on perdrait une reine; Sire, votre penchant funeste vous entraîne ! Prenez s^arde. La France observe avec effroi!...
LE ROI
Assez, Monsieur. J'ai dit : je le veux, moi, le roi.