ACTE IV. — SCENE V
Qu'ils VOUS auront fait voir comme une horrible ofieasc Ce triste souvenir de jeunesse et d'enfance! Je me justifierai sur-le-champ... Mais d'abord, Grâce ! Ne laissez pas partir l'arrêt de mort. Si Samuel mourait, je vous le certifie, Sire, vous mettriez un crime dans ma vie Que cet affreux moment abrège de moitié ! Grâce pour Samuel, sire ! Grâce et pitié !
Assez. Je vais d'un mot vous forcer à vous taire. Car, c'est par trop d'audace à l'amante adultère D'Antoine de Méran, qui m'implore aujourd'hui, De prétendre sauver le fils qu'elle eut de lui !
Qui? Samuel?
LE ROI
Osez soutenir le contraire.
Mais, ils en ont menti ! Samuel est le frère D'Antoine ! Ils ont menti , devant Dieu qui nous voit !
Fable ! Je ne suis plus la dupe qui vous croit.
Sire, je prouverai...
LE ROI , jetant le psautier aux pieds de madame de Maintenon.
Tenez, voilà ce livre.
D'abord, j'ai récusé la preuve qu'il me livre; Mais tout à l'heure, ici, je n'en ai plus douté, En entendant le cri que vous avez jeté, Je ne me trompe pas; c'est le cri d'une mère!
Sire, il n'est pas mon fils !
LE ROI
Bah! Mensonge! Chimère!
Et cet arrêt de mort! Sire, un sursis du moins, Un sursis! Car je puis produire des témoins. Chacun sait bien là-bas...
LE ROI, ironiquement.
La ruse est peu vulgaire.
Qu'on fasse appareiller un navire de guerre, N'ô6t-ce pas ? pour savoir quel est ce hobereau? — Non, je ne dois pas faire attendre le bourreau.
Eh bien, il est encor connu dans ma famille. Le comte d'Aubusson lui destinait sa fille. Qu'ils soient interrogés; ils seront les garants Que je ne vous mens point.