ACTE IV. — SCÈNE V
L'orgueil que votre amour m'avait inspiré, Sire. Vous m'aimez ! Vous m'aimez ! ... Je ne sais plus que dire, Mais, celle dont hier vous demandiez la main. Voyez-vous, elle aura des cheveux blancs demain ! . . . Vous gardez le silence... encor... toujours...
Elle défaille.
J'expire!
LE ROI
Eh bien! soit donc... Je cède au démon qui m'inspire. Et vous ne direz plus que je suis si cruel.
Écrivant un mot à la hâte sur la table à gauche, et tendant le papier à la marquise.
Voici la grâce... allez sauver ce Samuel.
Ah!...
LE ROI
Je pénétre ainsi le secret de votre âme. Si vous rendez la vie à cet homme, madame. C'est qu'il est votre fils, et, sans mots superflus, Jamais devant mes yeux ne reparaissez plus ; Moi, j'oublierai combien vous me parûtes belle.
MADAME DE MAINTEXON
Grand Dieu!...
LE ROI
Mais si demain, dés l'aube, à la chapelle, Où je attendrai vous d'un cœur tranquille et fort.
150 MADAME DE MAINTTENON
Vous venez m'apporter la preuve de sa mort,
C'est qu'il ne vous est rien, et vous serez ma femme.
Non, j'ai mal entendu Non, ce serait infâme!
Moi, le sacrifier... Je vous prie à genoux...
LE ROI
Madame, vous avez six heures devant vous, Et je veux ignorer ce que vous allez faire. Plus un mot. Je pourrais devenir plus sévère. Épouser un grand prince ou sauver un bandit ! Choisissez.
Il se dirige vers la porte.
Sire... Sire... Un mot encor...
LE ROI
J'ai dit.
11 sort.