SCÈNE SIXIÈME
M"« DE Saint-Cyr. — Ne perdons pas de temps , mademoiselle, et soyez assez simple pour me dire de bonne foi les sujets que Madame votre mère a à se plaindre de. vous,
M^^^ DoRBAc. — Je ne les ai jamais bien compris, car j'ai toujours eu une grande envie de lui plaire.
M""® DE Saint-Gyr. — Qu'est-ce qu'elle désirait de vous ?
M"'' DoRBAc. — Tantôt une chose, et tantôt une autre.
M°^*= DE Saint-Cyr. — Quoi ! des choses opposées ?
M^^ DoRBAc. — Quelquefois.
M'"^ DE Saint-Cyr. — Elle est donc un peu bizarre ?
M"*^ DoRBAC. — Je ne le crois pas, madame. Il y avait sans doute de ma faute.
M"'^ DE Saint-Cyr. — Vous parlait-elle souvent ?
M^^^ DoRBAc. — Dans de certains temps.
M"'^ DE Saint-Cyr. — Exigeait- elle que vous ne parlassiez guère ?
M^^'' DoRBAc. — Selon l'humeur où elle était.
M""^ DE Saint-Cyr. — Voudrez-vous bien suivre ce que je vous dirai ?
M^^^ DoRBAc. — Oui, madame, je le ferai en tout.
M"^^ DE Saint-Gyr. — Je n'aime pas les filles qui parlent.
M^^® DoRBAc. — Je me tairai autant que vous le voudrez.
M™® DE Saint-Gyr. — Je veux que l'on travaille.
M^^ DoRBAc. — C'est mon inclination, et quand cela ne serait pas, je le ferais pour vous obéir.
M""^ DE Saint-Cyr. — Il faut avec moi être diligente, se lever le matin, être peu occupée de sa personne, et donner tout son temps à des choses utiles.
M^^ DoRBAC. — J'espère faire tout ce que vous me marquez.
M*"® DE Saint-Cyr. — Qu'est-ce qui vous déplaira le plus?
M}^^ Dorbac. — Je ne sens en moi aucune répugnance.