‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 69 sur 70 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

1. (Page 7.) Madame de Fontaine, la première supérieure générale élue après la réformation de Saint-Cyr, précédemment maîtresse de la classe bleue.

2. (Page 8.) «■ Les liberfÂnes de la classe. » Les esprits forts, les raisonneuses.

3. (Page 12.) Madame de Berval, une des confidentes les plus chères de Madame de Maintenon, « sérieuse et avisée, dit d'elle M. Gréard, capable de tenir la plume (c'est elle qui avait mis en ordre les Lettres et les entretiens) ; mais cherchant ses aises, aimant son indépendance, et se faisant trop souvent rappeler à l'observation des règles qui lui pesaient. » (Gréard, Introduction au volume intitulé

4. (Page 12.) « ... et haïr de personne. » Incorrection, style de conversation. La grammaire veut: C( ...et qui ne se font haïr de personne », la négation, en français, étant ne, et personne tout seul étant positif.

5. (Page 13.) « ...en retranchera Vextrémité », l'excès, le trop de zèle.

6. (Page 15.) Madame do Glapion. a La perle de Saint- Cyr, dont les défauts auraient été les vertus des autres, joignant une âme délicate et tendre à un savoir étendu, ayant étudié la médecine, la pharmacie, la botanique, la chirurgie, avec profit et sans se laisser enivrer, se délectant à faire des recueils de cartes, en dessinant elle-même, infirmière adorée des malades, maîtresse de classe originale, qui aurait voulu, pour le catéchisme, comme pour le reste, qu'on se bornât à suivre l'enfant de question en question, de curiosité en curiosité, supérieure remarquable [plus tard], élue l'année même de la mort de Louis XIV (1715) et entre les mains de qui Madame de Maintenon laissa l'avenir de sa maison avec confiance » (Gréard, Ouvrage cité. Introduction). Madame de Glapion représente l'esprit

même de la réformation de Saint-Cyr, l'esprit pratique, tourné aux sciences élémentaires, aux exercices pratiques, aux leçons de choses et à la méthode intuitive, comme la première directrice, Madame de Brinon, en représente l'esprit d'avant la réforme, grande dame, c( spirituelle », à hautes visées, amoureuse d'éclat, d'éducation littéraire et mondaine.

7. (Page 18.) La dusquière, coulisse du corset où est engagé le husc^ par extension le buse lui-même.

8. (Page 23.) ce Où », à propos duquel. Le sens de où était plus étendu au XYii^ siècle qu'aujourd'hui ; on le prenait pour à quoi, en quoi, et aussi à, qui, en qui, chez qui. Cependant le sens à ijropos de quoi est une négligence, ou une hardiesse, même pour le temps.

9. (Page 25.) c( Une attache. » Un attachement. Cf. Molière : « Sa puissante attache aux choses éternelles » .

10. (Page 30.) Madame de Fontaine, Voir note 1. Elle était d'une grande douceur de caractère, et Madame de Maintenon craignait qu'elle n'errât par excès de confiance à se reposer sur le bon naturel des élèves aimées d'elle.

11. (Page 38.) « Une enfance. » Un enfantillage. Très usité au xviP siècle et d'un très bonne langue : ce c'est une vraie enfance » (Madame de Se vigne), « faire des enfances » (eadem).

12. (Page 39.) Cette importance attachée à la droiture dans l'éducation des filles est le souci constant de Madame de Maintenon, comme il était celui de Fénelon. Cf. Fénelon : De V Education des filles, ch. ix:

« Une autre chose contribue beaucoup aux longs discours des femmes : c'est qu'elles sont nées artificieuses, et qu'elles usent de longs détours pour venir à leur but. Elles estiment la finesse ; et comment ne l'estimeraient-elles pas, puisqu'elles ne connaissent point de meil leure prudence, et que c'est d'ordinaire la première chose que l'exemple leur a enseignée? Elles ont un naturel souple pour jouer facilement toutes sortes de comédies ; les larmes ne leur coûtent rien ; leurs passions sont vives, et leurs connaissances bornées : de là vient qu'elles ne négligent rien pour réussir, et que les moyens qui ne conviendraient pas à des esprits plus réglés leur paraissent bons ; elles ne raisonnent guère pour examiner s'il faut désirer une chose, mais elles sont très industrieuses pour y parvenir. »

c( Ajoutez qu'elles sont timides et pleines de fausse honte ; ce qui est encore uue source de dissimulation . Le moyen de prévenir un si grand mal est de ne les mettre

jamais dans le besoin de la finesse et de les accoutumer à dire ingénument leurs inclinations sur toutes les choses permises, »

Et encore, même chapitre : c( Montrez-leur, par des exemples, comment on peut sans tromperie être discret, précautionné, appliqué aux moyens légitimes de réussir. Dites-leur : ce La principale prudence consiste à parler peu, à se défier bien plus de soi que des autres, mais point à faire des discours faux et des personnages brouillons. La droiture de conduite et la réputation universelle de probité attirent plus de confiance et d'estime, et par conséquent, à la longue, plus d'avantages, même temporels, que les voies détournées. Combien cette probité judicieuse distingue-t-elle une personne, ne la rend-elle pas propre aux plus grandes choses ! »

C( Mais ajoutez combien ce que la finesse cherche est bas et méprisable ; c'est ou une bagatelle qu'on n'oserait dire, on une passion pernicieuse. Quand on ne veut que ce qu'on doit vouloir, on le désire ouvertement, et on le cherche par des voies droites, avec modération. Qu'y a-t-il de plus doux et de plus commode que d'être sincère, toujours tranquille, d'accord avec soi-même, n'ayant rien à craindre ni à inventer? A a lieu qu'une personne dissimulée est toujours dans l'agitation,' dans les remords, dans le danger, dans la déplorable nécessité de couvrir une finesse par cent autres »

« Avec toutes ces inquiétudes honteuses, les esprits artificieux n'évitent jamais l'inconvénient qu'ils fuient ; tôt ou tard ils passent pour ce qu'ils sont. Si le monde est leur dupe sur quelque action détachée, il ne l'est pas sur le gros de leur vie ; on les devine toujours par quelque endroit ; souvent même ils sont dupes de ceux qu'ils veulent tromper, car on fait semblant de se laisser éblouir par eux, et ils se croient estimés, quoiqu'on les méprise. »

13. (Page 40.) Eemarquez que Madame de Maintenon exerce une continuelle surveillance sur elle-même dans ses instructions. C'est un trait de caractère, en même temps que c'est un haut enseignement et exemple de pédagogie morale.

14. (Page 43.) Sur ce défaut du trop grand parler et du babil, cf. Fénelon : Education des filles^ ch. m :

oc D'un autre côté, les enfants ne sachant encore rien penser ni faire d'eux-mêmes, ils remarquent tout, et ils parlent peu, si oîi 7ie les accoutume à parler heaucoîip, et c'est de quoi il faut bien se garder. Souvent le plaisir qu'on

veut tirer des jolis enfants les gâte ; on les accoutume à hasarder tout ce qui leur vient dans l'esprit et à parler des choses dont ils n'ont pas encore de connaissances distinctes : il leur en reste toute leur vie l'habitude de juger avec précipitation et de dire des choses dont ils n'ont point d'idées claires, ce qui fait un très mauvais caractère d'esprit. »

15. (Page 49.) ce II n'y a personne, si animée contre vous q}x'elle pût être... » Faute de français. Personne pris comme substantif abstrait, et signifiant un seul, est masculin : oc Personne n'est parfait. » Il est vrai qu'ici personne signifie c( aucune de vos maîtresses » : l'idée influe sur la syntaxe et la modifie. On peut considérer cela comme une syllepse.

16. (Page 56.) Malgré notre horreur- pour les notes admirât ives, nous ne pouvons nous tenir, après cette éloquente lettre, d'applaudir à tant de raison, de chaleur de cœur et d'élévation.

17. (Page 58.) ce Les gueux revêtus. » Les gueux décrassés et parés, les parvenus, comme on dit aujourd'hui, les faquins, comme on disait alors.

18. (Page 58.) Incorrection. Il faudrait ce qu'elle refusât. j>

19. (Page 69.) Mémoire et jugement. Les exercices de pure mémoire étaient le grand vice de l'éducation depuis le xvim« Siècle. Cf. Montaigne ; Essais^ ch. xxv (de l'Institution des Enfants). « On ne cesse de criailler à nos oreilles comme qui verserait dans un entonnoir ; et notre charge ce n'est que redire ce qu'on nous a dit ; je voudrais qu'il [le professeur] corrigeât cette partie, et que de belle arrivée, selon la portée de l'âme qu'il a en mains, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses, les choisir et discerner d'elle-même, quelquefois lui ouvrant le chemin, quelquefois le lui faisant ouvrir. » (Voir notre Recueil de textes des auteurs français. Librairie H. Oudin, 1884.)

20. (Page 72.) La droiture à exiger de soi-même préoccupe autant Madame de Maintenon que la droiture à exiger des élèves. Elle se rencontre ici encore avec Fénelon {Education des Jilles, ch. m) :

ce II faut que toutes les paroles qu'on leur dit servent à leur faire aimer la vérité et à leur inspirer le mépris de toute dissirûulation . Ainsi on ne doit jamais se servir d'aucune feinte pour les apaiser ou pour leur persuader ce qu'on veut : par là, on leur enseigne la finesse, qu'ils n'oublient

jamais : il faut les mener par la raison autant qu'on peut. »

Et encore, même ouvrage, chapitre V :

« Saint Augustin nous apprend qu'il avait remarqué dès son enfance la vanité de ses maîtres sur les études. Ce que vous avez de meilleur et de plus pressé à faire, c'est de connaître vous-même vos défauts aussi bien que l'enfant les connaîtra, et de vous en faire avertir par des amis sincères. D'ordinaire, ceux qui gouvernent les enfants ne leur pardonnent rien et se pardonnent tout à eux-mêmes ; cela excite dans les enfants un esprit de critique et de malignité ; de façon que, quand ils ont vu faire quelque faute à la personne qui les gouverne, ils en sont ravis et ne cherchent qu'à la mépriser. »

21. (Page 80.) Raison souriante. Cf. Montaigne quand il parle de la vertu comme do la c( mère nourrice des plaisirs humains », et s'écrie : <i Qui me l'a masquée de ce faux visage pâle et hideux ? 11 n'est rien plus gai, plus enjoué et presque plus folâtre. Elle n'est pas, comme dit l'Ecole, plantée à la tête d'un mont coupé, raboteux et inaccessible. Qui sait son adresse y peut arriver par des routes ombrageuses, gazonnées et doux fleurantes. »

^2.2. (Page 84.) S'incommoder pour les autres. Pascal a dit : ce La politesse est incommodez-vous. »

23. (Page 91.) Ce proverbe est peu heureux. Il sent la scolastique, est très froid, et a quelque chose de forcé. Il faut excuser Madame de Maintenon. Elle avait un grand souci de mêler quelque agrément dans l'éducation, par ce que Fénelon appelle les Instructions iîidirectes, Dialogues, Proverbes, petites Comédies. Cette intention, très bonne en son fond, et que la pratique n'a jamais récompensée d'un grand succès, a séduit les PP. .Jésuites, et Fénelon, et Madame de Maintenon, et Jean-Jacques Rousseau. Voici ce que Fénelon en dit {Education des filles, chapitre v) :

c( Je crois môme qu'il faudrait souvent se servir de ces instructions indirectes , qui ne sont point ennuyeuses comme les leçons et les remontrances, seulement pour éveiller leur attention sur les exemples qu'on leur donnerait.

a Une personne pourrait demander c^uelquefois devant eux à une autre : a Pourquoi faites- vous cela? » et l'autre répondrait : ce Je le fais par telle raison. » Par exemple : C( Pourquoi avez-vous avoué votre faute? — C'est que j'en aurais fait encore une plus grande de la désavouer lâchement par un mensonge, et qu'il n'y a rien de plus beau que de dire franchement : J'ai tort. » Après cela, la première personne peut louer celle qui s'est ainsi accusée

elle-même ; mais il faut que tout cela se fasse sans affectation, car les enfants sont bien plus pénétrants qu'on ne croit, et dès qu'ils ont aperçu quelque finesse dans ceux qui les gouvernent, ils perdent la simplicité et la confiance qui leur sont naturelles. »

De même dans VJEJmile de Jean-Jacques Rousseau, on trouve de véritables drames de famille, à l'effet de contribuer à l'éducation de l'eafant, qui exigeraient une maison machinée comme un théâtre de féeries. Il ne faut pas accorder la moindre confiance à ces prestiges et à ces adresses. L'enfant, dans l'instruction amusante, n'est sensible qu'à l'amusement.

24. (Page 97.) Simplicité de toilette. Cf. Fénelon (^Mucation des filles, ch. X) :

a Les véritables grâces ne dépendent point d'une parure vaine et affectée . Il est vrai qu'on peut chercher la propreté, la proportion et la bienséance dans les habits nécessaires pour couvrir nos corps ; mais, après tout, ces étoffes qui nous couvrent, et qu'on peut rendre commodes et agréables, ne peuvent 3 amaiç être des ornements qui donnent une vraie beauté.

« Je voudrais même faire voir aux jeunes fi]les la noble simplicité qui paraît dans les statues et dans les autres figures qui nous restent des femmes grecques et romaines ; elles y verraient combien des cheveux noués négligemment par derrière, et des draperies pleines et flottantes à longs plis, sont agréables et majestueuses. Il serait bon même qu'elles entendissent parler les peintres et les autres gens qui ont ce goût exquis de l'antiquité. »

c( Pour peu que leur esprit s'élevât au-dessus de la préoccupation des modes, elles auraient bientôt un grand mépris pour leurs frisures, si éloignées du naturel, et pour les habits d'une figure trop façonnée. Je sais bien qu'il ne faut pas souhaiter qu'elles prennent l'extérieur antique: il y aurait de l'extravagance à le vouloir ; mais elles pourraient, sans aucune singularité, prendre le goût de cette simplicité d'habit si noble, si gracieuse et d'ailleurs si convenable aux mœurs chrétiennes. Ainsi, se conformant dans l'extérieur à l'usage présent, elles sauraient au moins ce qu'il faudrait penser de cet usage ; elles satisferaient à la mode comme à une servitude fâcheuse, et elles ne lui donneraient que ce qu'elles ne pourraient lui refuser. Faites-leur remarquer souvent et de bonne heure la vanité et la légèreté d'esprit qui fait l'inconstance des modes.

C'est une chose bien mal entendue, par exemple, de se grossir la tête de je ne sais combien de coiffes entassées ; les véritables grâces suivent la nature et ne la gênent jamais. »

Cf. encore La Bruyère (Caractères, lli) :

c( Quelques jeunes personnes ne connaissent point assez les avantages d'une heureuse nature, et combien il leur serait utile de s'y abandonner ; elles affaiblissent ces dons du ciel, si rares et si fragiles, par des manières affectées et par une mauvaise imitation ; leur son de voix et leur démarche sont empruntés ; elles se composent, elles se recherchent, regardent dans un miroir si elles s'éloignent assez de leur naturel. Ce n'est pas sans peine qu'elles ph.isent moins. »

25. (Page 101.) Ceci est comme un portrait de la jeune femme idéale selon la conception de Madame deMaintenon. Il convient d'en rapprocher le portrait de la Femme forte selon Salomon (^Proverbes, xxxi) :

ce Son prix est comme celui de ce qui vient de loin, et des extrémités de la terre. Le cœur de son époux se confie à elle ; elle ne manque jamais des dépouilles qu'il lui rapporte de ses victoires ; tous les jours de sa vie, elle lui fait du bien, et jamais de mal. Elle cherche la laine et le lin ; elle travaille avec des mains pleines de sagesse. Chargée comme un vaisseau marchand, elle apporte de loin ses provisions. La nuit, elle se lève et distribue la nourriture à ses domestiques. Elle considère un champ et l'achète de son travail, fruit de ses mains ; elle plante une vigne. Elle ceint ses reins de force, elle endurcit son bras. Elle a goûté et vu combien son commerce est utile : sa lumière ne s'éteint jamais pendant la nuit. Sa main s'attache aux travaux rudes, et ses doigts prennent le fuseau. Elle ouvre pourtant sa main à celui qui est dans l'indigence, elle l'étend sur le pauvre. Ell^ ne craint ni froid ni neige ; tous ses domestiques ont de doubles habits ; elle a tissé une robe pour elle ; le fin lin et la pourpre sont ses vêtements. Son époux est illustre aux portes, c'est-à-dire dans les conseils, où il est assis avec les hommes les plus vénérables. Elle fait des habits qu'elle vend, des ceintures qu'elle débite aux Chananéens. La force et la beauté sont ses vêtements, et elle rira dans son dernier jour. Elle ouvre sa bouche à la sagesse, et une loi de douceur est sur sa langue. Elle observe dans sa maison jusqu'aux traces des pas, et elle ne mange jamais son pain sans occupation. Ses enfants se sont élevés et l'ont dite heureuse ; son mari

s'élève de même, et il la loue: ce Plusieurs filles, dit-il, ont a amassé des richesses ; vous les avez toutes surpassées. » Les grâces sont trompeuses, la beauté est vaine : la femme qui craint Dieu, c'est elle qui t^era louée. Donnez-lui du fruit de ses mains; et qu'aux portes, dans les conseils publics, elle soit louée par ses propres œuvres. »

Enfin voici le portrait de la jeune fille selon la raison et la vertu, dans Télémaqne (Livre xxii) :

(ï Antiope est douce, simple et sage ; ses mains ne méprisent point le travail ; elle prévoit de loin, elle pourvoit à tout ; elle sait se taire et agir de suite sans empressement ; elle est à toute heure occupée ; elle ne s'embarrasse jamais, parce qu'elle fait chaque chose à propos : le bon ordre de la maison de son père est sa gloire ; elle en est plus ornée que de sa beauté. Quoiqu'elle ait soin de tout et qu'elle soit chargée de corriger, de refuser, d'épargner, choses qui font haïr presque toutes les femmes, elle s'est rendue aimable à toute la maison : c'est qu'on ne trouve en elle ni passion, ni entêtement, ni légèreté, ni humeur, comme dans les autres femmes ; d'un seul regard elle se fait entendre, et on craint de lui déplaire ; elle donne des ordres précis ; elle n'ordonne que ce qu'on peut exécuter ; elle reprend avec bonté, et, en reprenant, elle encourage. Le cœur de son père se repose sur elle, comme un voyageur abattu par les ardeurs du soleil se repose à l'ombre sur l'herbe tendre. Vous avez raison, Télémaque : Antiope est un trésor digne d'être recherché dans les terres les plus éloignées. Son esprit, non plus que son corps, ne se pare jamais de vains ornements ; son imagination, quoique vive, est retenue par sa discrétion ; elle ne parle que pour la nécessité ; et, si elle ouvre la bouche, la douce persuasion et les grâces naïves coulent de ses lèvres. Dès qu'elle parle, tout le monde se lait, et elle en rougit ; peu s'en faut qu'elle ne supprime ce qu'elle a voulu dire, quand elle aperçoit qu'on l'écoute si attentivement. A peine l'avonsnous entendue parler, »

26. (Page 101.) C( D'apprendre quoi que ce soit » en fait de choses pratiques, comme la suite le montre assez. Madame de Maintenon est précisément l'adversaire d'une science indiscrète et téméraire chez les femmes.

27. (Page 105.) c( Bien composé », arrangé dans le dessein d'être convenable et surveillé dans ce sens.

28. (Page 108.) Voici le portrait de l'homme mal élevé de la Bruyère [Caractères, chap. Xi) :

« Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont à son égard comme s'ils n'étaient point. Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres ; il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maître du plat, et fait son propre de chaque service ; il ne s'attache à aucun des mets, qu'il ji'ait achevé d'essayer de tous ; il voudrait pouvoir les savourer tous tout à la fois. Il ne se sert à table que de ses mains ; il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes. Il ne leur épargne aucune de ces malpropretés dégoûtantes, capables d'ôter l'appétit aux plus affamés ; le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe ; s'il enlève un ragoût de dessus un plat, il le répand en chemin dans un autre plat et sur la nappe : on le suit à la trace ; il mange haut et avec grand bruit ; il roule les yeux en mangeant ; la table est pour lui un râtelier ; il écure ses dents, et il continue à manger. Il se fait, quelque part où il se trouve, une manière d'établissement, et ne souffre pas d'être plus pressé au sermon ou au théâtre que dans sa chambre. Il n'y a dans un carrosse que les places du fond qui lui conviennent : dans toute autre, si on veut l'en croire, il pâlit et tombe en faiblesse. S'il fait un voyage avec plusieurs, il les prévient dans les hôtelleries, et il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit. Il tourne tout à son usage ; ses valets, ceux d'autrui, courent dans le même temps pour son service ; tout ce qu'il trouve sous sa main lui est propre, hardes, équipages. Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion et sa bile, ne pleure point la mort des autres, n'appréhende que la sienne, qu'il rachèterait volontiers de l'extinction du genre humain. »

29. (Page 116.) Madame de Maintenon se défie beaucoup des amitiés particulières entre jeunes filles. Le caractère passionné des enfants l'effraie. C( Il faut leur apprendre à aimer raiso.nablement, comme elles font toutes choses. » Le passage de Fénelon sur le même sujet est très sensé aussi {Education des jille$, chap. v) :

C( Il y a un défaut qui est ordinaire aux filles, c'est celui de se passionner sur les choses mêmes les plus indifférentes. Elles ne sauraient voir deux personnes qui sont mal ensemble, sans prendre parti dans leur cœur pour l'une contre l'autre ; elles sont toutes pleines d'affections ou d'aversions

sans fondement ; elles n'aperçoivent aucun défaut dans ce qu'elles estiment et aucune bonne qualité dans ce qu'elles méprisent. Il ne faut pas d'abord s'y opposer, car la contradiction fortifierait ces fantaisies ; mais il faut peu à peu faire remarquer à une jeune personne qu'on connaît mieux qu'elle tout ce qu'il y a de bon dans ce qu'elle aime, et tout ce qu'il y a de mauvais dans ce qui la choque. Prenez soin, en même temps, de lui faire sentir dans les occasions l'incommodité des défauts qui se trouvent dans ce qui la charme, et la commodité des qualités avantageuses qui se rencontrent dans ce qui lui déplaît ; ne la pressez pas, vous verrez qu'elle reviendra d'elle-même. Après cela, faiteslui remarquer ses entêtements passés avec leurs circonstances les plus déraisonnables ; dites-lui doucement qu'elle verra de même ceux dont elle n'est pas encore guérie, quand ils seront finis. Eacontez-lui les erreurs semblables où vous avez été à son âge. Surtout montrez-lui, le plus sensiblement que vous pourrez, le grand mélange de bien et de mal qu'on trouve dans tout ce qu'on peut aimer et haïr, pour ralentir l'ardeur de ses amitiés et de ses aversions. »

30. (Page 128.) Administration domestique. — C'est pour Madame de Maintenon la première des vertus de la femme. On lira dans V Economique de Xénophon le portrait charmant de la maîtresse de maison, bonne, économe, entendue et avisée, qui sait c( vendre un veau », et surveiller comme il faut ses esclaves. Dans Fénelon nous trouvons et l'éloge de la science de l'économie domestique et de sages avertissements touchant l'excès de cette qualité (^Education de^ filles, chap. XI) ;

C( Il faut sans doute un génie bien plus élevé et pi as étendu pour s'instruire de tous les arts qui ont rapport à l'économie, et pour être en état de bien policer toute une famille, qui est une petite république, que pour jouer, discourir sur des modes et s'exercer à de petites gentillesses de conversation. C'est une sorte d'esprit bien méprisable que celui qui ne va qu'à bien parler : on voit de tous côtés des femmes dont la conversation est pleine de maximes solides et qui, faute d'avoir été appliquées de bonne heure, n'ont rien que de frivole dans la conduite. »

« Mais prenez garde au défaut opposé : les femmes courent risque d'être extrêmes en tout. Il est bon de les accoutumer dès l'enfance à gouverner quelque chose, à faire des comptes, à voir la manière de faire les marchés de tout ce qu'on achète, et à savoir comment il faut que chaque chose soit faite pour être d'un bon usage. Mais

craignez aussi que l'économie n'aille en elles jusqu'à l'avarice ; montrez-leur en détail tous les ridicules de cette passion. Dites-leur ensuite : «. Prenez garde que l'avarice gagne peu et qu'elle se déshonore beaucoup. Un esprit raisonnable ne doit chercher, dans une vie frugale et laborieuse, qu'à éviter la honte et l'injustice attachées à une conduite prodigue et ruineuse. Il ne faut retrancher les dépenses superflues que pour être en état de faire plus libéralement celles que la bienséance, ou l'amitié, ou la charité inspirent. (Souvent c'est faire un grand gain que de savoir perdre à propos : c'est le bon ordre, et non certaines épargnes sordides, qui fait les grands profits. » Ne manquez pas de représenter l'erreur grossière de ces femmes qui se savent bon gré d'épargner une bougie, pendant qu'elles se laissent tromper par un intendant sur le gros de toutes leurs affaires ».

Voici d'autre part dans UoWin' (Traité des Etudes, livre I, chap. Il) une instruction détaillée, bien curieuse, sur cette affaire.

c( Elle a soin d'inspirer à une jeune demoiselle destinée pour le monde les principes d'une sage et noble économie, qui s'éloigne également et d'une sordide avarice et d'une ruineuse prodigalité. C'est cette vertu qui conserve le train des grandes maisons et qui les soutient avec honneur dans le monde ; et c'est le défaut opposé qui en est la honte et la ruine, comme on le voit tous les jours par une expérience qui n'est que trop ordinaire et qui cependant n'instruit point les gens de qualité.

C( On peut réduire l'instruction qu'une mère doit donner à sa fille sur cet article à cinq ou six principes qui renferment tous les autres :

ce 1° Eégler sa dépense sur ses revenus et sur son état, sans jamais se laisser emporter au delà des bornes d'une honnête bienséance par la coutume et l'exemple, dont le luxe ne manque pas de se prévaloir.

c( 2° Ne prendre rien à crédit chez les marchands, mais payer argent comptant tout ce qu'on achète. C'est le moyen d'avoir tout ce qu'ils ont de meilleur et de l'avoir à moindre prix.

« 3° S'accoutumer à regarder comme une grande injustice de faire attendre les ouvriers et les domestiques pour leur payer ce qui leur est dû...

c( 4» Se faire représenter et arrêter les comptes régulièrement tous les mois, les clore sans manquer à la fin de

d80 NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS.

chaque année, et se donner bien de. garde d'abandonner la régie des biens et de la maison à des mains subalternes, qui ne sont pas toujours zélées et fidèles Ce soin n'est point pénible et ne coûte presque rien quand on y est exact ; au lieu que, si on le néglige, il devient un vrai travail qui rebute, et qui fait qu'on laisse accumuler années sur années : ce qui cause un désordre et un chaos affreux dans les affaires, qu'il n'est plus possible de débrouiller, et qui ruine enfin les maisons les plus opulentes. (£ 50 Dans le règlement qu'on fera des dépenses, qui doit toujours être proportionné aux revenus, mettre à la tête de tout la portion destinée et due aux pauvres. Ce n'est pas une grâce qu'on leur accorde, mais une dette dont on s'acquitte à leur égard, ou plutôt à l'égard de Jésus- Christ, qui leur a transporté ses droits. Le moyen le plus sûr et le plus aisé de s'acquitter fidèlement de ce devoir, c'est de faire cette séparation dans le moment même que l'on reçoit quelque somme de ses revenus et de les mettre à part comme un dépôt. La libéralité coûte moins quand on a de l'argent devant soi ; et, par cette intention, on se ménage toujours un fonds pour les diverses charités qu'on est obligé de faire... »

31. (Page 138.) — « Croyez-vous que Madame... qu'on a été obligé d'eufermer... » — Education morale par des exemples, méthode qu'Horace attribue à son père dans l'éducation qu'il lui a donnée : « Mon excellent père m'apprit à détester les vices en me montrant des vicieux. Voulait-il m'exhorter à l'économie : «Vois, me disait-il, Albius, Barrus, quelle misère ! C'est une leçon pour les dissipateurs... S'il voulait me pousser aux bons chemins: « Prends un tel pour guide ». C'était un arbitre, de ceux que choisit le préteur pour accommoder les différends... De même que l'enterrement de son voisin terrifie le malade intempérant et le force à surveiller ses appétits de peur de prendre la même route, de même la honte d'autrui peut détourner du vice une âme tendre encore ». Fénelon {Education des filles, chap. IV) s'exprime ainsi :

c( L'ignorance des enfants, dans le cerveau desquels rien n'est encore imprimé, et qui n'ont aucune habitude, les rend souples et enclins à imiter tout ce qu'ils voient. C'est pourquoi il est capital de ne leur offrir que de bons modèles. Il ne faut laisser approcher d'eux que des gens dont les exemples soient utiles à suivre ; mais, comme il n'est pas possible qu'ils ne voient, malgré les précautions qu'on prend, beaucoup de choses irrégulières, il faut leur faire

remarquer de bonne heure l'impertinence de certaines personnes vicieuses et déraisonnables, sur la réputation desquelles il n'y a rien à ménager ; il faut leur montrer combien on est méprisé et digne de l'être, combien on est misérable quand on s'abandonne à ses passions et qu'on ne cultive point sa raison. On peut aiusi, sans les accoutumer à la moquerie, leur former le goût et les rendre sensibles aux vraies bienséances. »

32. (Page 141.) — Il y a dans tout cet entretien une vraie hardiesse, bien respectable, et qui fait honneur à Madame de Maintenon. Elle croit, avec raison, qu'il faut ne point glisser sur certains sujets, par fausse pruderie, mais en parler gravement et tristement. L'esprit de Fénelon se retrouve là encore, comme toujours. Voici ce qu'il dit à ce sujet :

ce La jeunesse ressent un plaisir incroyable lorsqu'on commence à se fier à elle et à la faire entrer dans quelque affaire sérieuse. On en voit un bel exemple dans la reine Marguerite. Cette princesse raconte, dans ses Uémoires, que le plus sensible plaisir qu'elle ait eu en sa vie fut de voir que la reine sa mère commença a lui parler, lorsqu'elle était encore très jeune, comme à une personne mûre ; elle se sentit transportée de joie d'entrer dans la confidence de la reine et de son frère le duc d'Anjou. » [Education des filles, chap. xii.)

33. (Page 143.) « Il faut savoir s'ennuyer et se passer de divertissement. » — Voir dans Pascal, Pensées (article iv de l'Edition Havet), la fameuse théorie de l'Ennui et du Divertissement. — Cf. le mot paradoxal, qui renferme une part de vérité, de l'abbé Galiani : « Il faut habituer les enfants à l'ennui et à l'injustice ». — Enfin Fénelon {Education des files, chap. x) indique une sorte particulière d'ennui, qui est bien observée, l'ennui par air et affectation : c( Ce qui reste à faire, c'est de désabuser les filles du tel esprit. Si Ton n'y prend garde, quand elles ont quelque vivacité, elles s'intriguent, elles veulent parler de tout, elles décident sur les ouvrages les moins proportionnés à leur capacité, elles affectent de s'ennuyer par délicatesse ».

34. (Page 145,) — ce Car c'est un de ses domestiques. » — Domestique voulait dire, au xvii» siècle, familier, qtd fait partie de la maison : c( Louis XI : Commines, on dit que vous avez écrit mon histoire — Commines : Il est vrai ; je l'ai écrite en bon domestique ». (Fénelon, Dialogue des morts.) — Se rappeler le mot de la Fontaine en parlant de

182 iNOTES ET EGL CISSEMENTS.

l'Ane, du meunier et de son fils : c( N'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique? »

35. (Page 152.) — Cf. le mot admirable de Bossuet : «Cet incurable ennui qui fait le fond de la vie des hommes, depuis qu'ils ont perdu le goût de Dieu. »

36. (Page 154.) — a Le support. » — Le soutien, l'appui qu'elles doivent donner.

37. (Page 157.) — c( Des soins de notre domestique. » — Le domestique signifiait, au xyii® siècle, Vintérieur, la maison, le train.

38. (Page 157.) — a. J'en ai gagné un. » — Ce tr.iit est de trop. M , Duval manque de tact. Il ne faut point gagner un domestique pour le faire parler de ses maîtres, même en bien. L'effet du reste pourrait bien tourner contre l'intention, ce qui serait presque mérité.

39. (Page 160.) — Madame de Maintenon combat ici avec une véritable âpreté les illusions romanesques des jeunes pensionnaires. Elle connaît ce démon de l'imagination et de la curiosité qui est si pernicieux aux cœurs des jeunes filles. Voici comme Fénelon en parle dans son traité de VEdncation des filles (chapitre li) :

c( Les personnes instruites et occupées à des choses sérieuses n'ont d'ordinaire qu'une curiosité médiocre ;ce qu'elles savent leur donne du mépris pour beaucoup de choses qu'elles ignorent ; elles voient l'inutilité et le ridicule de la plupart des choses que les petits esprits, qui ne savent rien et qui n'ont rien a faire, sont empressés d'apprendre.

C( Au contraire, les filles mal instruites et inappliquées ont une imagination toujours errante. Faute d'aliment solide, leur curiosité se tourne toute en ardeur vers les objets vains et dangereux. Celles qui ont de l'esprit s'érigent souvent en précieuses et lisent tous les livres qui peuvent nourrir leur vanité ; elles se passionnent pour des romans, pour des comédies, pour des récits d'aventures chimériques, où l'amour profane est mêlé. Elles se rendent l'esprit visionnaire, en s'accoutumant au langage magnifique des héros de romans ; elles se gâtent même là pour le monde ; car tous ces beaux sentiments en l'air, toutes ces passions généreuses, toutes ces aventures que l'auteur du roman a inventées pour le plaisir, n'ont aucun rapport avec les vrais motifs qui font agir dans le monde et qui décident des affaires, ni avec les mécomptes qu'on trouve dans tout ce qu'on entreprend . Une pauvre fille, pleine du tendre et du merveilleux qui l'ont charmée dans ses lectures, est étonnée de

ne trouver point dans le monde de vrais personnages qui ressemblent à ces héros : elle voudrait vivre comme ces princesses imaginaires, qui sont, dans les romans, toujours charmantes, toujours adorées, toujours au-dessus de tous les besoins. Quel dégoût pour elle de descendre de l'héroïsme jusqu'au plus bas détail du ménage !

<( Quelques-unes poussent leur curiosité encore plus loin et se mêlent de décider sur la religion, quoiqu'elles n'en soient point capables. Mais celles qui n'ont pas assez d'ouverture d'esprit pour ces curiosités en ont d'autres qui leur sont proportionnées : elles veulent ardemment savoir ce qui se dit, ce qui se fait, une chanson, une nouvelle, une intrigue; recevoir des lettres, lire celles que les autres reçoivent; elles veulent qu'on leur dise tout, et elles veulent aussi tout dire ; elles sont vaines, et la vanité fait parler beaucoup ; elles sont légères, et la légèreté empêche les réflexions qui feraient souvent garder le silence . »

40. (Page 164.) (C Ce ménage », cette économie. Le mot alors avait les deux sens : 1^ d'économie domestique, 2° de moHlier domestique. De là le jeu de mots de Molière {Médecin malgré lui, i, 7) : c( Martine : Tu me vends, pièce à pièce, tout ce qui est dans le logis. — Sganarelle : C'est vivre de ménage ».

41. (Page 165.) c( Il » signifiant cela. Cf : oc Ici je vous louerais. Il n'est que trop aisé » (La Fontaine). « Tout cela ne convient qu'à nous. Il ne convient pas à vous-même » (La Fontaine).

42. (Page 166.) « C'est un triste personnage d'avoir à s'en plaindre ». Personnage, au xvii<5 siècle, signifie rôle. Traduisez : c< c'est jouer un triste rôle qu'avoir à se plaindre ».

43. (Page 167.) Il y a dans ce proverbe, chose rare chez Madame de Maintenon, qui ne songe qu'au précepte moral, une certaine vérité et vivacité de dialogue, et presque une peinture, ou du moins un léger crayon d'un caractère de domestique, dans le personnage de Suzanne.

44. (Page 167.) c( Les femmes font et défont les maisons. » Le texte ou la devise de ce proverbe est tiré de V Education des filles de Fénelon (chapitre i). Voici le passage, qui est d'un grand sens et d'une haute raison :

ce Mais que s'ensuit-il de la faiblesse naturelle des femmes ? Plus elles sont faibles, plus il est important de les fortifier. N'ont-elles pas des devoirs à remplir, mais des devoirs qui sont les fondements de toute la vie humaine ?

184 NOTES ET ECLAIKCISSEMENÏS.

N'est-ce pas elles qui ruinent ou qui soutiennent les maisons , qui règlent tout le détail des choses domestiques, et qui, par conséquent, décident de ce qui touche de plus près à tout le genre humain ? Par là, elles ont la principale part aux bonnes ou aux mauvaises mœurs de presque tout le monde. Une femme judicieuse, appliquée et pleine de religion, est l'âme de toute une grande maison ; elle y met l'ordre pour les biens temporels et pour le salut . Les hommes mêmes, qui ont toute l'autorité en public, ne peuvent par leurs délibérations établir aucun bien effectif, si les femmes ne leur aident à l'exécuter. »

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