L'ABBESSE DE FONTEYRAULT ET MADAME DE MONTESPAN
A DANIEL IIUET.
(De la main de l'abbesse de Fontevrault. ]
Je me souviens, Monsieur, que vous avez une fois trouvé mauvais de n'être pas averti de mes maladies ; ainsi, je crois vous devoir apprendre que j'ai eu la fièvre ces jours-ci, qui sans doute eût été double-quarte et assez violente, si le quinquina ne l'avoit arrêtée. C'est par ordonnance de ma sœur que je le prends : elle est un très-excellent médecin, tant par ses ordonnances que par ses soins ; elle exige, à la vérité, une obéissance aveugle , jusqu'à empêcher, par le temps qu'il fait, de mettre la tête à la fenêtre ; mais le bon succès de son gouvernement fait que je m'y soumets sans murmu-
est elle qui dicte la plus grande partie de cette
m depuis peu H. de Richelieu, qui n'a point apporté [e Bible, parce que son aumônier, qui n'étoit pas ià Paris, a la clef du lieu où il croit qu'il y en a deux aires enfermés. Ils doivent tous y retourner dans ois, et il promet que, dans ce temps, vous aurez vre. Il parle toujours de vous avec beaucoup d'estime, id aussi bien que moi fort impatiemment le livre du r terrestre,
(De la main de madame de Montespan.)
tois aussi tyrannique que Ton vous dit, je ne laisse- ; écrire une aussi longue lettre en prenant le quinmais ma sœur est si persuadée qu'elle vous atten- 1 vous mandant elle-même sa maladie que je ne lui efuscr. Je souhaite qu'elle ne se soit pas trompée, vous payiez d'une visite l'empressement que l'on a us.