MADAME DE MOMESPAN A DANIEL HUET
A Fontevrault, ce 14 novembre 1692.
Je nie rends toujours aux bons procédés, et je suis si contente du vôtre que je vous réponds avec une saignée qui œc force, comme vous savez, à garder le lit fort longtemps, et qui fera peut-être tort à mon écriture, qui n'en a déjà pas besoin. Ma sœur a un œil couleur de feu (au pied de la lettre); elle n'y sent aucun nuil, mais elle a la prunelle couverte de sang; elle vous mande qu'il faut que la première leltre qui mti viendra de vous se ressente du fruit de mes avis. Ce n'est pas d'après le mérite de la mienne qu'elle aie droit de Taltendre, mais par la manière dont elle m'a vu recevoir la vôtre et entreprendre d'y répondre, malgré l'embarras du lit. Mademoiselle de Mortemart a la migraine, ainsi que madame de Charonton ^ ; elles vous font mille complimens. Madame de Charenton vous aime beaucoup ; nous
' Voir IcUriMi" 57, note 7. Elle était alors en visite à FoiUevraiilt.
DE SA FAMILLE £T 1)Ë SES AMIS. ô\\
eoBommes contcnles au dernier poiiil ; elle compte s*en re-
r toomer dès que son archevêque sera à Paris.
Pour moi, je pense bien passer Thiver ici ; la terre est déjà couverte de neige, et tout ce que vous me dites de Saint-Joseph me fait juger qu'il sera plus agréable au printemps qu'en hiver. Je vous en avertis de bonne heure afin que vous
^ fissiez à loisir vos affaires et que vous vous laissiez entrains aux plaisanteries de vos Normands jusqu'au carême. Si vous voulez, en attendant, mes conseils pour une Sainte Famille*, vous n'avez qu'à me mander le lieu où vous la voulez placer et l'argent que vous voulez y mettre; je vous promets de lé faire bien valoir et peut-être de l'aller voir cet ^i J'ai promis à Mademoiselle' d'aller à Eu, et pour peu que vous me donniez d'affaires chez vous, je reviendrai par tt à Pontevrault.