MADAME DE MONTESPAN A LA DUCHESSE DE NOAILLES
A Paris, ce 1" février 1707.
Je aie tlatte que madame de Gondrin se sera tirée de ma lettre par n'y point entrer ; ce seroit un très-grand inconvénient pour elle ot pour moi que de nous jeter dans récriture, 'c Vous assure par avance que le commerce tomberoit bien- •^t de ma part ; je ne veux aucuns soins de la sienne que sur 68 affaires que je lui mettrai entre les mains. Si elle tient
' AUusion au projet de mariage entre le fils de d'Antin et mademoi- -Ije de Noailles. Ce mariage eut lieu le 25 janvier 1707.
* L'ambassade de Rome sollicitée par d'Antiné
* Uibl. du Louvre. Ms. 525-3. Correspondance de Soaiiies, loi. iS. ^'tlrô dictée et signée.
5i8 KËTTUËS DE MADAMbî DE MOiNTESPÂ.N
de VOUS, Madame, comme je l'espère, je lui donnerai quelque direction sur les ouvrages et sur les hôpitaux. Pour les intrigues de cour, je n'en veux point entendre parler, de peur d'avoir la foiblesse d'y répondre, comme je fais dès aujourd'hui sur le voyage de Meudon que je blâme horriblement. Je pris hier la liberté de le montrer à M. d'Antin, par qui je l'appris; mais comme ce n'est pas à lui à conduire madame de Gondrin, c'est à vous, Madame, à qui j'adresse ma prière trés-instanle de ne point perdre de vue madame de Gondrin et de lui faire donner tout son temps et toale son application à remplir agréablement la place qu'elle a l'honneur d'avoir auprès de madame la duchesse de Bourgogne.
Je n'ai point su tous les sujets d'inquiétude dont vous me parlez; j'y aurois pris grand' part, car vous pouvez compter que je crois vous avoir épousée et que j'ai pour toute la famille les mêmes sentimens que vous. Madame de Harsay ' reçoit avec tout le respect qu'elle doit l'honneur que vous lui faites et accompagne fort bien la vivacité qu'elle me voit pour vous tous. Déterminez M. le maréchal à partir de bonne heure pour Bourbon; rien ne lui sauroit être meilleur, et je m'offre de très-bon cœur à régler mon voyage sur le sien.