‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 173 sur 204 · LE COMTE DE TOULOUSE A LA MARÉCHALE DE NOAILLES · texte numérisé non relu

LE COMTE DE TOULOUSE A LA MARÉCHALE DE NOAILLES

A Marli; lundi au soir 1728.

Permettez-moi, madame ma très-honorée mère, de vous ^jf^e que vous êtes une radoteuse. On ne demande l'avis ni de Chirac, ni de Dumoulin, ni d'aucun médecin de la Fa- ^^\it On demande le vôtre pour la saignée, et vous paroissez l'approuver. Quant au peu de confiance que vous avez ^nPérat, cela ne fait rien à l'affaire, puisque c'est celui que "'Madame la comtesse de Toulouse a choisi dans sa tête ?our l'accoucher et que vous savez mieux que personne que -c sont les seuls qu'on doit consulter dans ces cas-là, quand ^^ veut consulter quelqu'un. Enfin, je vous renvoie le tairais pour vous prier de faire partir sur-le-champ Haraval.

Bibl. du Louvre. F. 325-3, Correspondance des NoailleSf fol. 13. ^Ure autographe, non signée.

S'il est trop tard, il couchera à Rambouillet, et le pis-aller est qu'il ne fasse pas la saignée, si nous ne la jugeons pas nécessaire ; car je vois bien qu'il faut que ce soit elle, Paillet et moi qui en décidions, parce que huit jours se passeroient avant que vous ayez vu les médecins de Paris.

Je viens de recevoir une lettre de madame votre fllle qui me mande se trouver assez bien aujourd'hui, au mal de cœur près.

Je suis sensiblement touché du mal de M. de Gramrnonl^ Mon laquais me rapporte pourtant qu'il étoit mieux quand il est parti. Je vous remercie d'avoir fait dire chez moi d'al^ de notre part savoir de ses nouvelles, et je vous prie, dtmde pareilles occasions, de faire dire ce qu'il faudra faire; vos ordres y seront exécutés comme les miens.

Je serai demain à trois heures à Rambouillet. Heareusement on m'a apporté votre lettre, ce qui évite à madame la comtesse de Toulouse la peine de l'irrésolution , puisque je décide hardiment.

Le duc de Noailles m'a aidé à lire votre lettre et meurt de rire à présent de songer que je vous chanle pouille. J'espère que tout se passera bien, mais je vous avoue que neuf mois d'incommodité m'affligent.

Je finis sans compliment, parce que je ne connoîtrai jamais avec vous que respect et amitié.

5 Louis-Antoine Grammont, né le 20 mars 1068. Il était fils d'Antoine de Grammont, maréchal de France, marié le 13 mars 1687 à Marie* Christine de Noailles, fille d'Anne-Jiiles, duc de Noailles.

- LE COMFE DE TOULOUSE A LA MARÉCHALE DE NOAiLLES «.

A la Rivière', ce 9 septembre 1728, à midi.

le n*ai, Madame, que de bonnes nouvelles à vous mander, nuit a été parfaitement bonne, et madame votre fille n a cune fièvre à présent. Ainsi, il n*y a plus nulle inquiétude )voir, parce que, quand elle auroit de la fièvre ce soir, ce te j espère qui ne sera pas, le quinquina nous en délivrait promptement. Elle vous fait bien des amitiés; elle a été ois jours dans des douleurs et des angoisses à faire pitié, ifin, nous en voilà quittes.

Madame de Guébriant vous écrira ce soir par la poste. »us profiterons de vos avis et nous irons mercredi à Fonlaibleau, pour partager, le reste du voyage, notre semaine à la vière et à la cour, comme à notre ordinaire. Il faut pourut pour cela que les forces reviennent un peu, car vous oyez aisément qu'elle est bien foible. Adieu, ma trôs-honorée belle-mère, portez-vous bien et •us aimez toujours. Quand je n'ai plus d'inquiétudes, vous 'iivez être en repos. Cette lettre va par un page de madame Orléans.

Page 1