‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 60 sur 204 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

que sa mère avait été longtemps en commerce avec madame de Montespan, et qu'une dos femmes do celle-ci, la demoiselle Désœillels, « qui celoil son nom, mais qu'elle connoissoit bien, » était venue souvent chez sa mère, à qui elle avait laissé des billets; que toutes les fois que madame de Montespan « craignoil quelque diminution aux bonnes grâces du roi, » la Voisin en était informée, faisait dire des messes, ellui donnait des poudres pour ramour qu'elle devait faire prendre au roi ; qu'à la fin, fatiguée de l'insuccès de toutes ces pratiques, madamede Montespan avait résolu de porter les choses à l'extrémité, et que deux affidésde sa mère, arrêtés tous deux, avaient entrepris de s'introduire chez mademoiselle de Fontanges pour lui vendre des étoffes et des gants empoisonnés. La fille Voisin parla encore d'une messe dite par un abbé Guibourg, en présence d'un seigneur anglais qui avait

promis 100,000 livres, si l'on parvenait à empoisonner le roi.

Ces dénonciations et plusieurs autres du même genre ne tendaient qu'à compromettre les personnes 'es plus haut placées pour profiter de leur impuïïi'é; elles, firent néanmoins une impression sérieuse sur La Reynie, Louvois, Colbert, et Louis XIV n'y fut pas non plus indifférent. Le 3 février 1680, Louvois écrivit à La Reynie : « A l'égard do la personne à laquelle l'usage du poison n'est pas inconnu, et que vous croyez qu'il est dangereux de laisser à la cour, le roi a jugé

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