PARIS G. CHARPENTIER, ÉDITEUR
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MADAME
L.a bourgeoisie donnant au Roi pour la première fois une mattresse déclarée, — Intérieur de la Reine Marie Lcczinska. — Mademoiselle Poisson. — Son éducation do virtuosn. — Ses talents et ses grâces.— Son mariage avec M. Lenormant d'ÉtioIos. — La bonne aventure de madame Lcbon. — Rencontres de madaino d' Étioles avec le Uni dans la forêt de Sénart. — Le bal masqtié de lllôtiîl de Ville on février 1745. — L'évoque de Mirepoix menaçant de faire chasser Binet. — Le souper dans les cabinets du 22 avril 1715. — Madame d'Étiolés à sa terre pendant la campagne du Roi. — La présentation. — Les instructions de madame Poisson sur son lit de mort.
La Bourgeoisie n'est plus au dix-huitième siècle le raonde d'affranchis et d'enrichis, sans droits et sans nom, à la bourse duquel le Roi et la guerro sont obligés de recourir. De règne en règne, elle a grandi. Peuple sous Philippe le Bol , elle est le troisième corps ou ordre de l'État sous Philippe de Valois. Et de Philippe de Valois à Louis XV, elle gagne tout, elle mérite tout, ellcachète tout, elle monte à tout: vérité méconnue, et pourtant attestée
f MADAME DE POMPADOUR.
par tons les faits. Henri lY, Richelien, Louis XIY l'élèvent contre la noblesse ; et chaque jour du siècle qui commence à la mort de Louis XIV, pour finir à la Révolution , élarat sa place dans TÉtat et lui apporte une domination nouvelle. Elle remplit les douze parlements . les cours des aides , les chambres des comptes. Les emplois de judicature et de plume, les sénéchaussées et les bailliages lui sonl dévolus. Elle a dans Tarmée le quart des officiers; elle a dans l'Église un nombre prodigieux de cures, de canonicats, de chapelles, de prébendes, d'abbaves séculières.
L'administration est son patrimoine. Elle fournit les commissaires des guerres, les chefs des divers bureaux, les employés des vivres, des ponts et chaussées, les commis de tout genre.
De Tavocat jusqu'au chancelier, la magistrature lui appartient absolument.
Toutes les secrétaireries d'État semblent son apanage. Le ministère et les conseils d'administration, depuis le subdélégué jusqu'à l'intendant, depuis les maîtres des requêtes jusqu'aux sous-ministres, sont sa propriété et son héritage.
Mais au-dessus do cette autorité directe, au-dessus de raccaparement des emplois . do renvahissoniont dos charges, do l'oxorcico et do la possossinn do presque tous los pouvoirs do l'Htal, lo Tiors Ordre du Ilovaume trouvait dans son m'Miio ot dans ses apliludos la source d'une influonoo moins ininiodiate, mais plus haute ('ucore et plus considérablOé
" MADAME