L VI
Toutefois, c’est le livre de la vieillesse plus
que des vertes années de la vie. Il n’a pas as-
sez de passion pour la jeunesse. Pour s’y plaire,
il faut que la première chaleur de la vie soit éteinte ou amortie en nous par l’àge avancé.
C’est le livre du soir, non du matin, il a le jour doux, les ombres, les rêveries, les loisirs vagues, les sérénités du soleil couchant. Il convient à cette heure où les hommes cessant de * ■
désirer, de marcher et d’agir, s’asseoient de-
vant la porte ou au coin du foyer pour s’entre- % tenir à demi- voix des choses et des foules qui passent, sans être tentés de s’y mêler. C’est moins la vie que la conversation sur la vie. Ce livre délasse après les émotions du cœur et des jours. C’est le livre du repos.
Cependant il y a une leçon dans ce livre et dans cette vie de madame de Sévigné. Les mères , en le relisant, apprendront à aimer autant, et les filles à aimer davantage.
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