‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 12 sur 134 · DE Mme DE SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Mme DE SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN

À Paris, mercredi 6° mai 1671.

« Après tout, combien de bons moments que je ne puis assez regretter, et que je regrette aussi avec des larmes et des tendresses qui ne peuvent jamais finir! Ce discours même n'est pas bon pour mes yeux qui sont d’une faiblesse étrange, et je me sens dans une disposition qui m'oblige à finir en cet endroit.

« Je vous prie de ne point faire de songes si tristes de moi ; cela vous émeut et vous trouble. Hélas! ma bonne, je suis persuadée que vous n'êtes que trop vive et trop sensible sur ma vie et ma santé. Vous l'avez toujours été, et je vous conjure aussi, comme j'ai toujours fait, de n’en être point en peine. J’ai une santé au-dessus de toutes les craintes ordinaires ; je vivrai pour vous aimer et j'abandonne ma vie à cette occupation. »

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