‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 30 sur 134 · RSS TT PS ES · texte numérisé non relu

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DE CHARLES DE SÉVIGNÉ, SOUS LA DICTÉE DE Me DE SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN.

Aux Rochers, dimanche 2° février 1676.

« Ma chère fille, nous avons lu vos deux dernières lettres avec un plaisir et une joie qu’on ne peut avoir qu’en les lisant. Nous craignons celles où vous allez faire de grands cris sur le mal que j'ai eu premièrement, parce que vous vous en prendrez à moi, et cela n’est point juste: tout le monde, en ce pays, a eu des rhumatismes ou des fluxions sur la poitrine : choisissez. Il falloit bien payer le tribut d’une façon ou d’une autre; et, pour vos inquiétudes et vos frayeurs, elles commencent justement dans le temps qu'il n'y a plus sujet d'en avoir, parce que je suis présentement hors de toute fièvre et des douleurs du rhumatisme; ce qui me reste est d’avoir les pieds et les mains enflés, en sorte que je ne saurois me guérir en marchant de tous les maux que je me suis faits dans le lit; mais cela s’appelle des incommodités, et point du tout des périls. Aussi, ma chère enfant, mettez-vous esprit en repos : nous ne songeons qu’à reprendre des forces, à nous en aller à Paris, où je vous donnerai de mes nouvelles. Je ne vous saurois écrire aujourd'hui, j'ai la main droite encore fort enflée; pour la gauche, elle ne l’est plus du tout, elle est toute désenflée et toute ridée! Ç’a été une joie extraordinaire de les voir en cet état. Je vous assure qu'un rhumatisme est une des belles pièces qu’on puisse avoir! J'ai un

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