‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 48 sur 134 · DE Mme DE SÉviGNÉ À Me DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Mme DE SÉviGNÉ À Me DE GRIGNAN

A Paris, mercredi 22e avril 1676.

« Pour ma santé, elle est toujours très bonne; je suis à mille lieues de l’hydropisie, il n’en a jamais été question; mais je n’espère la guérison de mes mains, de mes épaules et de mes genoux qu'à Vichy, tant mes pauvres nerfs ont été rudement affligés du rhumatisme : aussi je ne songe qu’à partir. L'abbé Bayard et Saint-Herem m'y attendent: je vous ai dit que la beauté du pays et des promenades, et la bonté de Pair l'avaient emporté sur Bourbon. J'ai vu les meilleurs ignorants d'ici, qui me conseillent des remèdes si différents pour mes mains, que pour les mettre d'accord je n’en fais aucun; et je me trouve encore trop heureuse que sur Vichy ou Bourbon ils soient du même avis. Je crois qu'après ce voyage vous pourrez reprendre l’idée de santé et de gaîté que vous avez conservée de moi. Pour l'embonpoint, je crois que je suis comme je n'ai jamais été : je suis d’une taille si merveilleuse que je ne conçois point qu'elle puisse changer, et pour mon visage, cela est ridicule d’être encore comme il est. M. de Viriville me vint chercher justement un jour que je fis une équipée; j'allai diner à Livry avec Corbinelli, il faisoit divin, je me promenois délicieusement jusqu’à cinq heures, et puis la poule mouillée s’en revient pleine de force et de santé. »

SNÈR SE

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