‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 52 sur 134 · DE Me pe SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE Me pe SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN

A Paris, dimanche au soir, 10° mai 1676.

« Je pars demain à la pointe du jour et je donne ce soir à souper à Mme de Coulanges, son mari, Mme de la Troche, M. de la Trousse, Mis de Montgeron et Corbinelli, afin de me dire adieu en mangeant une tourte de pigeons.

« .….. Je suis persuadée que ce qui échauffe est plus sujet à ces sortes de revers que ce qui raffraîchit : il en faut toujours revenir là ; et afin que vous le sachiez, toutes mes sérosités viennent si droit de la chaleur de mes entrailles, qu'après les avoir consumées à Vichy, on va me rafraîchir plus que jamais par des eaux, par des fruits, ct par tous mes lavages que vous connaissez.

« Je vais me coucher, ma fille ; voilà ma petite compagnie qui vient de partir. Je pars demain à cinq heures ; je vous écrirai de tous les lieux où je passerai. Je vous embrasse de tout mon cœur ; je suis fâchée que l’on ait profané cette façon de parler ; sans cela, elle seroit digne d'expliquer de quelle façon je vous aime. »

DE Mme pe SÉVIGNÉ À Mme DE GRIGNAN.

A Montargis, mardi 12° mai 1676.

« J’ai couché à Courance, où je me serois bien promenée si je n’étois point encore une sotte poule mouillée; c’est mouillée au pied de la lettre, car je sue tout le jour. J’ai encore des

Page 1