Me DE SÉVIGNE À Mme DE GRIGNAN
A Paris, mercredi 1er juillet 1676.
« Enfin nous arrivâmes ici : je trouvai MMwes de Villars, de Saint-Géran de Hendicourt, qui me demandèrent quand j'arriverois ; elles ne venoient que pour cela. Un moment après M. de la Rochefoucauld, Mme de la Sablière par hasard, les Coulanges, Lanzei d’'Hacqueville. Voilà qui est fait, nous suions tous à grosses gouttes; jamais les thermomètres ne se sont trouvés à telle fête : il y a presse dans larivière; Me de Coulanges dit qu'on ne s’y baigne plus que par billets. Pour moi, qui suis en train de suer, je ne finis pas et je change bien trois fois de chemise en un jour.
Le Bien bon fut ravi de me revoir, et ne sachant qu’elle chère me faire, il me témoignaune extrême envie que j'eusse bientôt une joie pareille à la sienne. J’ai reçu bien des visites ces deux jours. J'ai célébré les eaux salutaires de Vichy, et si jamais le vieux de l’Orme prend congé de la compagnie, la maréchale d’Estrées et moi, nous entreprenons de confondre Bourbon.
« Je n’ai pas entendu parler depuis ce tempslà de ce que nous croyons qui a causé tous mes
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maux : je crois en être entièrement quitte, je ne renonce pas à me faire saigner, quand on le jugera à propos. La poudre du bonhomme pourra trouver sa place aussi, quand je me serai rendue digne de son opération; car présentement les eaux et la douche de Vichy m'ont si bien savonnée, que je crois n'avoir plus rien dans le corps, et vous pouvez dire, comme à la comédie : « Ma mère n’est point impure », je tàterai de Livry, et croyez mon enfant, que j'userai sagement de cette bride qu'on m'a mise sur le cou. »