‹ Madame de Sévigné maladeChapitre 70 sur 134 · D SP · texte numérisé non relu

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ni danser la bourrée (voilà deux choses dont la privation m'est bien rude), mais que vous achèverez de me guérir. Il est vrai que j'ai encore un peu de mal aux genoux ; mais cela ne m’empêche point de marcher ! au contraire, je souffre quand je suis trop longtemps assise. Mes mains ne se ferment point tout à fait! mais je m'en sers à toutes choses, comme si de rien n'’étoit. J’aime l’état où je suis ; et toute ma crainte, c'est de rengraisser, et que vous ne me voyiez point le dos plat avec ma jolie taille. En un mot, ma bonne, quittez vos inquiétudes, et ne songez qu’à me venir voir.

« Pour les eaux de Vichy, ma chère fille, je m'en loue : elles m'ont redonné de la force (1), en

(1) J’ai tenu à souligner cette assertion de Madame de Sévigné. Trousseau avait abusé de son autorité pour proclamer les eaux de Vichy anémiantes. Je m'inscris en faux contre une telle doctrine. Ce n’est pas le lieu de la combattre, mais j'ai à opposer une observation personnelle. Très fatigué, j'ai retrouvé, après une première saison à Vichy, une tonicité dont j'ai pu apprécier le bénéfice au retour. Il est évident qu'il faut ici une grande prudence dans le maniement de ces eaux actives, et que des doses sans mesure ni règles deviendraient extrêmement dangereuses; mais cette réserve faite, on peut hardiment infirmer l’assertion trop absolue du célèbre clinicien. Qui ne sait qu'il n’y a pas de maladies plus débilitantes que le rhumatisme, et l’on peut juger de l’assertion de Trousseau par cette réponse péremptoire de Madame de Sévigné, qui, ignorante de la médecine, apportait une assertion bien digne de fixer l'attention : & elles m'ont redonné de la force ».

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me purgeant et en me faisant suer., Mon corps est bien ; ce qui me reste n’est pas considérable ; je ferai, quand vous serez ici, tous les remèdes que vous voudrez ; pour cet été, je n’en ai aucun besoin ; il faut que je songe à Livry, car je me trouve étouffée ici, j'ai besoin d’air et de marcher : vous me reconnaissez bien à ce discours. »

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