Id., Id: 227 ; xMarivaux, La Vie de Marianne
2b0 MADAME DE TRNCIN.
que, sur dix indill'érenls, elle trouvera peut-être un bon ouvrier pour travailler à son œuvre * : c'est ainsi qu'on découvre des La Motte et des Mably; le visiteur novice, tout ému de sa bienveillance, sentant en cette femme, la veille inconnue, une amie véritable, qui s'associe à tous ses rêves, s'écrie avec attendrissement : « Oh! la bonne femme- »! mais, l'instant d'après, si « l'ami » trop naïf la gêne sur sa route, elle n'hésitera pas à se débarrasser de lui en « douceur ». Sa pensée de derrière la tète est un dédain profond pour l'espèce humaine; volontiers, enti*e intimes, elle s'en va répétant que « la grande erreur des g-ens d'esprit est de ne pas croire le monde aussi bêtequ'il est^ ». « Accoutumée à faire tous les usag-es possibles de son corps et de son esprit pour arriver à ses fins* », elle ne connaît dans ses désirs aucun scrupule, et dans ses succès aucun remords; elle est « sans principes, capable de tout exactement''».. Il n'y a pas de tempérament plus amoral dans son fond.
Elle a eu des amis, et peut-être pas une amie'*. De
1. Wiilpolo à Tliornas Gray, lettre du 23 janvier 17G6 [lia], 38.