‹ Madame de TencinChapitre 192 sur 200 · IV. — NOTE ICONOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

IV. — NOTE ICONOGRAPHIQUE

175. « Déjeuné on chocolat donné et servi par Mme de Tencin », tableau de Jacques Autreau. — Je ne sais ce qu'est devenue cette toile. Une note manuscrite du xvni" siècle, conservée à la Bibliothèque de Lyon (Fonds Morin-Pons, n» 20G, — 11), en donne une <lescription, que j'ai utilisée plus haut, chap. IV, p. 176-7, et y ajoute les renseignements suivants : « On croit que ce tableau de deux pieds et demi de largeur sur deux pieds de hauteur, a été peint vers 1710 par Jacques d'Autreau, peintre et poète. 11 a appartenu à Mme de Tencin; de là il a passé à M. de Boze, à M. l'abbé Leblanc, et aujourd'hui à M. l'abbé Barthélémy».

176 A. Portrait appartenant à la Bibliothèque de Grenoble. M. Ed. Maignien, qui en est le conservateur, a bien voulu me donner sur ce tableau les renseignements suivants : « Notre porli-ait est ancien : dans un cadre ovale, Mme de Tencin est à micorps, tête nue. Je crois que ce portrait a été mal reproduit dans V Album du Dauphiné à l'article de Mme de Tencin. Au dos du tableau, on lit : acheté le 29 avril 1741 ».

176 B. Reprotluclion du pn-côdont, gravure sur acior par Victor Gassiim, Album du Dauphiné [147], pi. HG.

17(i G. 1(1., lithograpliio. Insula Rhea [93 A], p. lOS.

177. Do Troyes [probablement Joan-François Detroy (1679-1752)], Portrait on médaillon : de trois quarts, tête nue, cheveux dénouil'S et bouclr-s. draperie légère sur la gorge nue. L'original semble pei'du. Les gravures suivantes le reproduisent ou paraissent s'en inspirer:

A. Gravure sur acier: De Troyes pinx'. De Launay le j« scul|). [Sans doute Robert de Launay (1754-1814)]. Bibliothèque Nationale, Estampes, AT. 2^ vol. Tempelhof-Termis.

B. Esquisse légère au burin: Roger del', Landon dirox'. Bibliothèque Nationale, id.

G. Gravure sur acier: B. Roger se, Id., id.\ cf. encore Œuvres do Mme de Tencin [28], frontispice du t. IV. Mémoires secrets de Duclos [120], 416-7, Revue hebdomadaire, 22Aoùll908: n» 19433 de L'Insianla7ie'.

D. Id. (Signée): Dequevauviller, Bibliothèque Nationale, id.; cf. encore Œuvres de Mme de Tencin [32], frontispice du t. IV.

178. Portrait en buste, médaillon, eau forte de Rousselle, dans le Chajitonnier historique de Raunié [43 D], V, 116-7.

179. Poi'trait à mi-corps, médaillon enguirlandé, eau-forte de Duboucbot, frontispice du recueil de Lescure [8].

Les historiens du xix» siècle appellent volontiers Mme de Tencin « la Marquise de Tencin » : cf. Raunié, Chansonnier historique [43 D], V, 116-7, L. Brunel, Les salons, la société, l'Académie française [166], 400, etc. Il est facile de montrer qu'elle ne l'était point : sa qualité de chanoinesse ne lui donnait pas droit à ce titre ; elle ne pouvait même pas le prendre abusivement, comme fille d'un marquis, son père ayant été simj)lement seigneur de Tencin ; elle ne l'a pas l'eçu par lettres patentes, comme la marquise de La Tournelle, qui fut faite duchesse de Châteauroux, ou la petite Poisson, marquise de Pompadour; au reste, dans tous les actes officiels et documents contemporains, elle n'est désignée que

lUS le nom de « Mme de Tencin »; le seul titre nobiliaire, qu'elle lit pu revendiquer justement, c'est, à partir de 174.3, celui de baronne de lîle de Ré; cf. plus haut, chapitre III, p. 1:22. — Il semble pourtant qu'elle ait aimé se faire appeler Marquise; cl c'est le titre que lui donnaient déjà certains écrivains de la seconde moitié du xviii" siècle. Diderot, par exemple [H4 A]. 280, et la fille de Mme Geoffrin, Mme de La Ferté-Imbault [HO], 25. Sur la couverture des Anecdotes de la cour et du règne d'Edouard II [26], (PU lit : « par Mme L. M. D. T. », ce qui doit se lire, je crois, « par Mme la marquise de Tencin ». Enfin, dans une lettre (le Mme de Tencin à Richelieu, dont je possède l'original [3], le ( achet, très bien conservé, est à ses armes : Ecartelé : aux 1 et i, (l'azur à la croix lleuronnée d'or; aux 2 et 3, d'argent à la bande (l'azur, enfilée de ti'ois couronnes d'or; sur le. tout, d'or à l'arbre .uiaché de sinoples, au chef de gueules, chargé de trois besants d'argent. L'écu. — en losange, comme celui d'une femme non mariée, — est timbré de la couronne île marquis. C'est donc Mme de Tencin elle-même qui se donnait le titre de marquise, imitant en cela beaucoup de simples gentilshommes, qui, par un abus fréquent dès la fin du wii* siècle, se gratifiaient du titre qui leur convenait : cf. Pierre Palliot, La Vraye et parfaite science des armoiries, reproduction en fac-similé de l'édition de 1660, Paris, Rouveyre, 189a, 1 vol. in-f", p. 207. Mme de Tencin s'est faite marquise, pour causer plus à son aise avec ses amis « ducs et pairs », et pour mieux « se soutenir dans l'imagination des hommes ' ».

Page 1