AFFAIRES D ARGENT, I) AMOUR ET D EGLISE
une petite pensionnaire craintive qui ne veut plus être punie — elle écrivit au cardinal pour lui demander timidement une « règ^le de conduite », puisque sa vie, si modeste et si effacée, lui avait valu une si humiliante disgrâce : elle ne voyait, disait-elle, que quelques évoques de ses amis, quelques jésuites, quelques gens de lettres, et cinq ou six personnes du monde pour faire chez elle une partie de quadrille, quand sa santé le lui permettait. Que devait-elle supprimer de ces inofîensifs divertissemenls pour ne point faire ombrage à Son Éminence?Le cardinal trouva sans doute que la dame de Tencin le croyait plus naïf qu'il Tétait ; il se fâcha un peu : « Je n'ai point de conduite. Madame, à vous prescrire en particulier ; et, quand vous voulez que j'entre dans ce détail, il faut que vous me croyiez bien simple, pour donner dans une pareille vue : c'est à vous abstenir de tout ce qui a donné lieu au peu de satisfaction que le Roi avait témoig-né du g-rand nombre de personnes de toutes sortes d'états et de professions qui abordaient chez vous et qui se mêlaient de plus d'une affaire. Votre sexe vous renferme naturellement dans de certaines bornes qu'il n'est pas nécessaire de vous rappeler ; et vous avez trop d'esprit pour ne pas connaître celles que vous devez vous imposer à vousmême, pour vous mettre à couvert des reproches c£u'on pourrait vous faire, si vous vous en écartiez * ». Mme de Tencin fit de son mieux « pour se renfermer dans les bornes de son sexe ». Pendant les dix années qui suivent, son activité, moins indiscrète, est aussi