‹ Madame de Warens, et J.-J. RousseauChapitre 26 sur 139 · I. Voir plus !i>in la Lettre de Nilonet · texte numérisé non relu

I. Voir plus !i>in la Lettre de Nilonet

Le premier motif, indiqué par Rousseau est erroné. L'abdication de Victor-Amédée II n'eut lieu qu'en septembre 1730, et il est évident, qu'en avril ou mai, madame de Warens ne connaissait pas le projet du roi qui le tint secret jusqu'au dernier moment. Les autres sont plus exacts. La baronne ne quitta certainement pas Annecy sans avoir vu M. de Bernex; il est vraisemblable que l'évêque, par qui elle dut recevoir l'autorisation de partir, lui donna quelque mission sinon auprès du cardinal de Fleury, du moins auprès de ses familiers. Les discussions entre l'évêque de Genève et les Genevois étaient sans cesse renaissantes, et les établissements de propagande catholique dans le pays de Gex avaient grand besoin de la protection de la cour de France '. Assurément M. de Bernex dut charger sa protégée d'intéresser à sa cause les personnages influents qu'elle pourrait aborder; mais là n'était pas le but principal du voyage, et quoi qu'en ait cru Rousseau, elle le lui aurait d'autant moins

1. Voir les Êvëqin's de Genève-Annec;/ depuis la Réforme, chap. vi,- passim, chap. vu, p. 216, 217, 220 et 221. En ce moment, l'évêque faisait précisément solliciter le cardinal de repousser les demandes des Genevois qui voulaient acheter des seigneuries dans le pays de Gex.

dévoilé qu'elle ne le connaissait pas complètement elle-même et que ses démarches ne lui procurèrent pas les avantages qu'elle en attendait.

M. Perrero ' a étudié cette affaire d'après la correspondance du comte Maffei, ambassadeur de Sardaigne à Paris. Cependant, il n'a pu en découvrir « le fin mot ». Il était contenu dans un Mémoire de d'Aubonne que l'ambassadeur transmit au roi, et qui n'a pas été retrouvé. Les dépêches qui existent aux archives d'État à Turin jointes à celles des archives du sénat de Savoie suffiront pour nous le faire connaître -. De leur ensemble, il faut retenir comme l'a remarqué M. Perrero, que madame de Warens avait été envoyée à Paris, moins pour agir dans son propre intérêt que pour introduire d'Aubonne auprès de M. Maffei, grand amateur de femmes aimables, malgré ses soixante-dix ans, mais qui était alors fort occupé de la Phalaris, l'ancienne maîtresse du Régent. D'Aubonne voulut, semble-t-il, réduire

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