‹ Madame de Warens, et J.-J. RousseauChapitre 78 sur 139 · Archives du Tabellion · texte numérisé non relu

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Le 23 juin, dans un nouvel acte reçu par le notaire Gagnon, Cash déclare qu'il ne s'est jamais immiscé dans l'administration de la société, que Mayan lui est substitué purement et simplement, qu'en conséquence celui-ci devient propriétaire de la partie du prix dû par Roche qui serait revenue à Cash. Madame de Warens cède en outre à Mayan le droit d'exiger sur sa part de la créance Roche une somme de trois mille deux cent cinquante livres que Mayan lui a payée récemment.

Cependant Cash, dont la spécialité paraît avoir été la découverte de riches filons, n'était pas sorti de la Société tout à fait gratuitement.

Depuis quelque temps il fouillait la mine de la Colomùière à Bramans (Haute-Maurienne), et il semble qu'il avait su persuader M. Perrichon d'un succès prochain. Pourtant la lettre suivante prouve que le financier n'était dupe qu'à demi et qu'il méritait bien la qualification de généreux que Rousseau et madame de Warens lui ont donnée :

J'ai reçu, monsieur Mathieu (Cash), votre lettre du six qui vous a été dictée et que vous avez signée, je suis très persuadé de l'envie que vous avés de tenir la parole que vous me donnez pour

le premier septembre et je veux bien vous aider encore cette fois, mais ce sera seurement pour la dernière, vous pouvez donc signer la convention avec monsieur de Mayan que je ratifîeray avec plaisir pour nous raccomoder ensemble, n'aiant pas eu lieu jusqu'à présent d'être content de vous, mais je veux espérer que tout ira mieux dans la suite. C'est dans cette confiance que je suis à vous.

Perricuon.

Aussitôt qu'ils sont nantis de cette letlre, madame de Warens, Joseph Mayan et Mathieu Cash font une nouvelle convention rédigée par le notaire Cagnon le 18 mai 1752.

On y rappelle les divers contrats précédents, les dépenses considérables faites par la baronne et par Cash pour la découverte des filons et Ton forme une Société pour l'exploitation de la mine de la Colombière.

Les clauses principales sont :

i° Obligation de payer à Cash trente mille livres avant le 1er septembre et obligation de celui-ci de mettre ses associés en possession réelle avant la même date des filons des souterrains de la Colombière dont il a, de vive voix, indiqué la nature et la qualité;

2° Les bénéfices seront divisés en quatre parts, une pour chacun des trois associés et la quatrième pour M. Perrichon au nom des actionnaires de la Compagnie ;

3° Cash prélèvera trente mille livres sur les bénéfices des trois premières années et madame de Warens seize mille livres, montant de ses avances;

4° Cash recevra chaque année en qualité de caporal mineur une indemnité de six cents livres;

o° La convention sera nulle si Cash ne remplit pas ses promesses dans le terme fixé ; il devra, dans ce cas, rembourser les sommes qui lui auront été avancées tant par madame de Warens que par M. Perrichon et ses associés.

Cette convention est passée en présence de Courtilles et d'un Saxon le sieur Frédéric Merkelle, habitant à Argentine \ trouvé à Chambéry.

Ce nouveau venu n'avait sans doute été trouvé à Chambéry que parce qu'on l'y avait appelé, car nous ne tarderons pas à le voir au service de la Compagnie. Quant à Mayan, il vendit bientôt tous ses droits à M. Perrichon.

1. Commune de la Basse-Maurienne où sont les principales mines de fer de cette province. La concession de madame de Warens se trouvait beaucoup plus en avant, dans la Haute- Maurieune.

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