‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 106 sur 139 · Maintient cité (Bibl. nat., section des manuscrit · texte numérisé non relu

Maintient cité (Bibl. nat., section des manuscrit

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dit qu'il était allé verser des larmes de reconnaissance sur la tombe d'un mortel à qui il devait eu partie son existence morale. Je n'ai jamais douté que le vicaire savoyard ne fût cet être si vénéré. Certes j'étais loin de désapprouver cet acte d'une piété filiale, quand même il eût eu pour objet madame de Warens (p. 41).

Rumilly n'étant qu'à trente-trois kilomètres de Chambéry le voyage a pu être fait facilement d'autant plus que M. de Conzié, originaire de Rumilly, a dû y conduire volontiers son ami. Cependant il n'y a peut-être, dans la déclaration de Jean-Jacques à M. Bovier, qu'une défaite destinée à prévenir toute interrogation indiscrète à l'égard de madame de Warens, ainsi, du reste, que M. Bovier semble l'avoir soupçonné.

L'abbé Léonard, né à Annecy vers 1695, était bourgeois de cette ville. Il avait été aumônier, pendant quatorze ans, de M. de Bernex qu'il accompagna dans ses voyages à Turin et à Paris. Il quitta l'évéque à l'époque même où madame de Warens vint se fixer à Chambéry. Nommé curé-archipêtre de Gruffy, il prit possession de sa paroisse en juillet 1731, fit diverses réparations à sa modeste église et enrichit la sacristie de quelques ornements.

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L'importance de son bénéfice lui permettait de tenir un vicaire; il eut successivement à ce titre auprès de lui MM. Duchesne, Dagand, Dusougey, Rebut, Depelier, Decerise, Doucet et Gremaud.

Par ce moyen, il n'était pas astreint à une résidence bien sévère et pouvait faire de longues visites à ses amis de Chambéry et d'Annecy. Il profita de l'une de ses courses à Chambéry pour se rendre, le 23 février 1753, dans l'étude du notaire Rey et y dicter son testament. Il y fait divers dons aux pauvres de Gruflfy, lègue à l'église de cette paroisse ses ornements sacerdotaux, à l'exception de sa chasuble verte à fleurs d'or qu'il donne à l'église paroissiale d'Annecy ; lègue à l'éveque de Genève-Annecy. M. de Chaumont, un livre a choisir dans sa bibliothèque dont le catalogue lui sera présenté, et institue héritiers les pauvres prêtres infirmes du diocèse. Le testament ne contient aucune mention relative a madame de Warens, et aucune des personnes de l'entourage de la baronne n'est au nombre des témoins. M. Léonard mourut à Grufly le 16 octobre 1767 '.-

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Quant au bon curé de Lémenc, Philibert Gaime, qui avait recueilli le dernier soupir de madame de Warens, il s'éteignit de consomption, le 14 avril 1780, à l'âge de soixantequatre ans '.

Jean Danel, ce serviteur-secrétaire de madame de Warens, qu'elle indiquait comme près de mourir en 1756, lui survécut pourtant. Il était même resté quelque peu à son service et croyait, à ce titre, avoir droit à la faveur du gouvernement. Peu de jours après la mort de la vieille dame, il adressa à Turin une supplique dans laquelle il demandait qu'on lui abandonnât son mobilier. C'est ce que nous apprend une lettre de ['intendant-général de Chanibéry au ministre Mazé, du 28 août 1762 :

Monsieur, Je prendrai les connaissances nécessaires sur la supplique de Jean Danel de Genève habitant à Cbambéry que j'ai reçue jointe a la lettre dont

prèlre et curé de la présente paroisse de Graffy, muni des sacrements et âge d'environ soixante-douze ans, après avoir gouverné cette paroisse avec tout le zèle et l'édification possible pendant l'espace d'environ trente-six ans; et le 1B* jour du même mois, il a été enseveli dans le chœur de l'église, directement sous la lampe. Signé : Ul. Gmbaud, vicaire • {Beg. par. de Gruffy).

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