I. Minutes du notaire Louis Girod
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capucins auxquels il donne un louis d'or mirliton et en outre 25 livres pour dire cinquante messes pour le repos de son àrae; et venant à mourir ailleurs il veut être enseveli au lieu accoutumé à ensevelir les prêtres... Ne veut rien donner a la religion des S. S. Maurice et Lazare ni aux hôpitaux de la province et divise ses biens entre ses neveux Claude et François Gaime.
De 1750 à 1758 quelques changements étaient survenus dans la composition de sa famille; son neveu Claude était mort et avait laissé plusieurs enfants dont l'un était soldat. C'est pourquoi, le 15 octobre 1758, à dix heures du matin, et devant le même notaire, il teste de nouveau.
Jouissant d'une parfaite santé, et pour ne laisser aucun différend entre ses plus proches. Et 1° comme bon chrétien s'est muni du signe de la sainte croix en disant tri nomme... et imploré la miséricorde de Dieu pour la rémission de ses péchés par les mérites de N. S. Jésus- Christ, par l'intercession de la Sainte Vierge, de tous les saints et saintes du Paradis, laissant ses funérailles et obsèques à la direction de son héritier... Interrogé en conformité des Royales constitutions s'il voulait donner quelque chose aux hôpitaux des S. S. Maurice et Lazare et de la province et du présent lieu, il m'a répondu ne pouvoir rien donner; chargeant son héritier de donner & la confrérie du Saint Sacrement d'Héry, trois livres et au Rd curé du dit Héry deux livres pour une grande messe et une basse pour le repos de son àme; plus, faire dire quarante messes de mort à raison de 8 sols la messe pour le repos de son Ame.
11 distribue ensuite ses biens entre ses neveux et nièces; il institue héritier son neveu, hono-
rable François Gaime, bourgeois de Rumilly et donne à Marie Chevron, femme de celui-ci, < une chenevière (terre à chanvre) située à Rumilly sous les Bachots », c'est-à-dire au dessous de la maison qu'il habitait dans la rue de Mont-Plat. Enfin , suivant l'usage, il « lègue à chaque prétendant droit à son hoirie, la somme de cinq sols payable quand ils justifieront de leurs droits, moyennant quoi il les en exclut ».
Nous savons que l'abbé Gaime était en rapports d'amitié avec l'abbé Léonard et que celuici correspondait avec Rousseau dont il recevait les ouvrages. Il eût été intéressant de connaître le jugement porté par te vicaire savoyard sur ces œuvres que le curé de Gruffy lui prêtait; malheureusement nous n'avons rien retrouvé a ce sujet. Rousseau ne devait pas ignorer la présence de l'abbé à Rumilly, mais rien ne prouve qu'il ait renoué directement en Savoie les relations commencées en Piémont ; et l'on se souviendra que M. Gaime était décédé lorsque les salons connurent les premiers livres des Confessions et que le public put lire l'Emile. L'abbé mourut en effet à Rumilly, le 13 mai 1761, à l'âge de soixante-huit ans; il
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fut sans doute, suivant le désir de son premier testament, enseveli dans le chœur de l'église des Capucins. Si quelque modeste inscription rappelait alors son nom, elle a disparu lors de la dévastation de l'église en 1793. Il n'est resté de lui que son Celebret dans les papiers de sa famille et l'acte de décès des registres paroissiaux où le curé, son confrère, a inscrit une épitaphe rappelant, avec ses titres scientifiques, son amour de la méditation et l'intégrité de sa vie '.
Si l'on en croit un passage du manuscrit de M. Bovier ', Rousseau se serait ressouvenu de l'abbé Gaime dans son voyage de 1768 en Savoie. On y lit, en effet :
... Il était pressé de faire un voyage en Savoie pour satisfaire un besoin de son cœur qu'il ne m'exprima pas alors (p. 37)... C'est à cette époque à peu près que je puis placer le voyage de Jean Jacques en Savoie; il fut court, trois jours lui suffirent. A son retour, il me