‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 4 sur 139 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

l'autre ne représentent madame de Warens. D'abord, en effet, il est Tort douteux que Largillière, déjà bien vieux alors, soit venu en Suisse ou en Savoie en 1726, 1730, 1735, c'est-à-dire à l'époque où madame de Warens aurait eu de vingt-cinq à trente-cinq ans. La baronne, il est vrai, a passé trois mois à Paris dans l'été de 1730 ; mais, durant ce court séjour, elle n'a eu ni le loisir de poser devant le grand peintre, ni surtout l'argent nécessaire pour payer son talent. Et puis, ces deux personnes à la gorge discrète, au cou bien dégagé, à la taille paraissant fine, ne sont certainement pas madame de Warens que Rousseau et H. de Conzié nous dépeignent tout autrement.

Le portrait que nous reproduisons, d'après la miniature originale du musée de Cluny, où il est catalogué sous le n° 1786 ', a été donné au musée en 1861 par le professeur J. Cloquet qui le tenait du comte de Leuzé. Il était parvenu & celui-ci par la famille Jurine, de Genève. Le docteur Louis Jurine, médecin et naturaliste, était né dans cette ville en 1751 ; il a donc pu apprendre de la bouebe de ses parents le nom de la personne dont le médaillon reproduit les traits, et dont la physionomie répond bien à ce qui a été dit de madame de Warens : yeux expressifs, gorge trop développée,

1. Salle des ivoires. — Nous adressons n ments a l'éminent directeur du musée, M. Darcel, pour l'obligeance qu'il a mise à noua donner une épreuve photographique de cette n '

Page 1