‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 65 sur 139 · Pour : au diable Vauoert [Voir Dictionnaiir de Liltré · texte numérisé non relu

Pour : au diable Vauoert [Voir Dictionnaiir de Liltré

1,„,ny GOOglC

ET JF.AN-JACQUES BOUSSEAU. 357

pect. J'ay eu l'honneur de luy écrire depuis que vous êtes à Grenoble, je vais faire travailler après ces fêtes ' à quelque jolie pièce que je vous prie de luy présenter de votre part et de la mienne, comme nous en sommes convenus.

Donnez-moi de vos chères nouvelles le plus tôt possible et me croire sans réserve et avec une très parfaite considération,

Monsieur et cher associé, votre très humble et très obéissante servante '.

Madame de Warens arriva à ses fins.

Le 21 décembre 1749, elle rédigea à Chambéry, avec M. Mansord agissant comme ayantdroit de M. Guillaume Sautier de ta Balme, une convention en sept articles. On y rappelle que la société comporte vingt actions dont dix appartiennent aux fondateurs. C'est ce qu'on nomme les actions en dedans. En considération des dépenses faites pour l'acquisition des immeubles et droits sociaux, pour la découverte de nombreux filons, pour les travaux immenses du souterrain de la montagnede la Colombière.etc., ces dix actions sont dégrevées de tous frais ultérieurs, lesquels restent à la charge exclusive

1. Cet roots indiquent que la lettre a été écrite vers le milieu de décembre.

2. Archives départementales de la Savoie. — Ce brouillon de lettre est d'une belle écriture qui n'est ai celle de madame de Warens, ni celle de Wintiinried.

1,„,ny GOOglC

398 MADAHK DE WARENS

des dix autres actions que l'on appellera les actions en dehors. Celles-ci seront vendues six mille livres pièce. Chaque associé participera aux bénéfices et aux pertes dans la proportion du nombre de ses actions. Il fournira aussi des fonds dans la même proportion, si ceux qui existent présentement ne suffisent pas pour pousser l'entreprise à son point de perfection. On y déclare enfin que M. Perrichon a acheté six actions en dehors pour lesquelles il a payela somme de trente-six mille livres, monnaie de Piémont et dont quittance lui est donnée. M. Perrichon acquiesce en ces termes :

J'accepte les conditions cy-dessus.

A Lyon, ce 28 septembre I1U.

Perrichon.

Ce payement du capitaliste lyonnais, bien que dépensé en partie d'avance, ne laissa pas que d'améliorer considérablement la situation. Les amis de madame de Warens en profitèrent pour remonter leur garde-robe. La baronne chargea M. Denervaux de faire pour eux quelques emplettes à Genève; le 24 janvier 1750, elle lui en accuse réception :

Nous avons rescu bien conditionné la veste de

M. Ma ii sorti, la sarge blanche en soye pour H. Goussets, les dorures pour M. de Courlilles et les balances et pois pour notre fondeur (Jean-Claude Char bonnet); nous attendons encore l'estoc et bigorne et nous vous prions de tenir comte de la généralité de vos envoix afin que nous vous remboursions le montant des premier fond que nous retirerons de votre villes, ce qui ne tardera pas corne savez; au reste nous vous prions de ne pas manquer de tenir main pour faire avancer le bocage provenant des fourneaux de madame de Maliens nous en sommes pressés pour continuer notre travail qui vat fort bien grâce à Dieu. En attendant, etc. '.

Le même jour, madame de Warens s'adresse encore à M. Perrichon :

Monsieur et bien cher protecteur, J'ai reçu les deux chères vôtres par le même ordinaire. Si ces messieurs n'ont pas eu l'honneur de vous rendre compte en particulier des informations prises à Grenoble c'est pour ne pas vous fatiguer par des lettres inutiles attendu que leurs recherches jusqu'à présent ne sont pas suffisantes. Pour n'avoir rien à nous reprocher j'ai encore chargé le sieur Labranche ' qui s'est retourné dans sa montagne... de vérifier la conduite du sieur Mathieu (Cash).

1. De l'écriture de madame de Warens [Archive* départementales).

8. Eu 1758 cel ingénieur (!) est appela et qualifié ainsi : François Peiraud Labranche, conseiller do roy, membre de l'Université de Paris.

1,„,ny GOOglC

260 MADAME DE WAHENS

Il est surprenant qu'on vous ait si mal instruit au sujet de notre poterie; il est vrai que nous sommes obligés de faire venir du dehors une partie des matières, jusqu'à ce que nous ayons fait nous-mêmes une première coulée, mais bien loin que nous soyons en perte sur cet article j'offre de démontrer que, dans tous les temps y sera de notre avantage de continuer à prendre des matières étrangères pour pouvoir tirer un bénéfice plus solide sur les ouvrages attendu qu'étant par là de meilleure qualité, ils auront un débit plus certain. Soyez persuadé monsieur et bien cher protecteur que je suis sûre de ce que j'avance et vous ne me trouverez jamais dans aucune occasion dire autre chose que la vérité, attendu que je ne fais point de systèmes en l'air... et sûrement notre fonderie d'ic est un objet solide et qu'il faut soutenir et conserver précieusement. Le sieur Barbon n'est en vérité pas suffisamment instruit sur ces parties pour pouvoir en décider; il faut lui faire à ce sujet comme on fait aux orphelins qui sont sous tutelle, avoir soin de sa part, sans lui rendre davantage. Pour le présent, s'il prend une demiaction, nous vous prions que ce soit dans la généralité des affaires...

Je n'ai en tout cela rien plus à cœur que votre satisfaction *.

Le 3 février 1750, Mansord, à qui la société vient pourtant d'acheter une belle veste, rappelle devant Courtilles, Labranche et Goussel

Page 1