‹ Madame de Warens et J.-J. RousseuaChapitre 68 sur 139 · I. Archives départementales · texte numérisé non relu

I. Archives départementales

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donc déjà un service de voitures pour le transport de la fonte à Chambéry '. C*est le 1" octobre qu'elle prit possession personnellement, mais au nom de la société des mines, des bâtiments de la fabrique. On lit dans l'acte :

Madame de Warens, pour elle et au nom de noble François Hansord et 0°, loue la maison avec ses dépendances et appartenances quelconques de la même, manière que la dite dame et C" en ont joui dès le commencement du dit mois d'octobre.

Le bail est fait pour neuf ans au prix de trois cent quarante livres par an/payables à l'avance. La baronne paye en conséquence trois cent quarante livres comptant; elle signe de la signature sociale : F.-L.-E. de Warens de La Tour Mansord et Compagnie '.

On doit croire que les affaires sociales eurent alors un moment de prospérité; c'est du moins ce que l'on peut induire d'une fondation religieuse que madame de Warens fit, le !> novembre 1750, en faveur de l'église de Gruffy, à l'acceptation de l'abbé Léonard. C'est, grâce à

i. Archives départementales.

2. Archives du Tabellion et minutes du notaire Buisson. C'est donc alors que madame de Warens quitta [a maison du comte de Saint-Laurent, après y être restée dli-neuf ans Le comte avait été nommé ministre d'État au mois de mars précédent.

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l'immutabilité des biens de mainmorte, la

seule de ses œuvres qui ait survécu.

Analysons cet acte reçu encore par le notaire

Buisson :

A Cbambéry dans la maison qu'occupe la baronne de Warcns et C'*, laquelle & son nom et de noble François Mansord et C'*, ayant commencé leur société sous les auspices de la Très-Sainte Vierge, s'étant voués sous le vocable de Notre-Dame des Ermites, et pour s'acquitter de leur pieux dessein, s'étant déterminés d'établir une fondation dans l'église paroissiale de Grufly ea Genevois, à l'acceptation de 1W Pierre fils de feu Jean Léonard, natif bourgeois de la ville d'Annecy, docteur en théologie.

Madame de Warens compte trois cents livres au curé, lequel

en libère ladite dame baronne et C"', et c'est pour la fondation du vœu de leur dite Compagnie et sous la condition que ledit curé et ses successeurs célébreront fi perpétuité une messe basse dans le courant des premiers jours de chaque mois dans la chapelle de N.-D. du Rosaire sous le vocable de N. D. des Ermites, et c'est en action des grâces qu'il a plu à Dieu verser par l'intercession de la Très-Sainte Vierge sur l'entreprise de ladite Compagnie et pour qu'il lui plaise vouloir les continuer...

Le curé placera les trois cents livres pour qu'elle» produisent un revenu de quinze livres. 11 sera permis à la Compagnie de mettre dans ladite chapelle un tableau à l'effigie de N. D. des Ermites ' et de trans-

1. 11 existe aux Cha miettes, dans l'oratoire actuel, un tableau de Notre-Dame des Ermites, d'un dessin volontairement archaïque, qui y a été laissé lorsqu'elle le* quitta en mars 1749. On voit ainsi que sa dévotion a la Vierge de ce nom était déjà ancienne.

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férer ladite fondation dans une autre chapelle au cas que la compagnie voulut en faire bâtir une...

P. LÉONARD, cure de (iruffy, acceptant,

F.-L.-E. DI WAKEH3 DI LA TODB.

Les ouvriers de la poterie de fonte s'étaient, depuis quelques mois déjà, groupés autour de la fabrique. Le maître fondeurétait Jean-Claude Charbonnel, le fila du marchand drapier. Il habitait au Reclus à l'auberge de l'Oye d'Or. Le 27 juin 1750, sa femme, Marie Gros, accouche d'un fils qui a pour parrain et marraine ■ Jean Rodolfe Vesserier dit Gurtille, et dame Louise- Françoise de Wuaran »; ils sont représentée à l'église de Lémenc par le grand-père de l'enfant et par Marie Recordon, la femme de chambre de la baronne (Registre paroissial de Lémenc).

En 1751 les affaires sociales paraissent avoir marché d'une façon satisfaisante et peut-être l'opération n'eût-elle pas été mauvaise si madame de Warens avait su se borner. Mais elle étendait toujours ses fouilles. Au commencement d'août elle se rend à Lyon avec Mansord auprès de M. Perrichon, et le 4, l'on se rencontre à Chanvert avec les sieurs Devienne, père et fils, le premier, contrôleur d'artillerie, natif

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de Paris, le second, né à Romans en Dauphiné. On y rédige une convention sous seings privés dans laquelle, après avoir rappelé que dix actions ont été attribuées aux fondateurs et que les dix autres, réservées aux acheteurs, personnes de distinction et de mérite, ne peuvent être grevées de plus amples frais ou avances, on énonce que de nouveaux filons ont été découverts dont la Compagnie tirera un grand avantage. Pour les utiliser, madame de Warens et Mansord cèdent aux père et fils Devienne le quart des bénéfices sur les mines de Maurienne et sur la fabrique royale de Cbambéry. Les sieurs Devienne, à leur tour, remettront 6 la baronne et à Mansord trente mille livres sur les bénéfices des trois premières années; ils participeront aux frais à venir au prorata de l'intérêt qui leur est cédé et se chargeront de la fonte, du raffinage, de conduire les travaux, ouvrir des mines, construire des fourneaux, etc.

En cas de difficultés, nous prions H. Périchon conseiller d'État, un de nos principaux associés, de vouloir en prendre connaissance, nous soumettant à sa décision.

En février 1752, un nouvel actionnaire entre en scène, c'est Joseph Mayan, de Turin, premier secrétaire du gouverneur de Savoie (le comte de Sinsan). En revanche Mansord se retire et disparaît pour longtemps. La cause de son départ tient vraisemblablement a. une mésintelligence avec les sieurs Devienne, et surtout avec la baronne. L'on en trouve, en effet, les traces dans une correspondance échangée, en novembre 1751, entre M. Astesan, juge-maje de Maurienne et le gouverneur de Savoie. Le magistrat écrit qu'il a reçu la lettre du gouverneur ainsi qu'une lettre de madame de Warens, apportées par son agent Rodolphe Revilliod. Elle s'y plaint de Mansord et signale des difficultés suscitées par les Devienne. Quelques jours après, il annonce a Son Excellence que Mansord, Devienne et Revilliod se rendent à Cbambéry pour lui porter leur explications. Ils n'ont nullement la pensée d'exclure madame de Warens de la Société, mais ils lui reprocheut de vouloir en accaparer la direction et de faire opérer sans leur consentement des travaux inutiles. M. Astesan ajoute que « depuis quelques années qu'il connaît Mansord, il ne lui a pas paru

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qu'il fût d'un génie porté à la discorde ' >.

Cependant madame de Warens pensant faire dans le» contrats meilleure figure arec l'escorte d'un associé que toute seule, rappelle Cash qui quitte ses fouilles et reprend son titre d'associé primitif, pour l'abandonner presque aussitôt. Le 2 février, il cède à madame de Warens la moitié des trois actions qui lui avaient été attribuées en 1747.

La baronne devient ainsi titulaire de quatre actions et demie, moyennant l'engagement qu'elle prend de payer au marquis de La Rocbe les deux mille cent soixante-six livres que Cash lui doit. A son tour, elle vend à Hayan la moitié de ces quatre actions et demie, lesquelles toutefois resteront indivises entre eux sous forme de contrat de société. L'acquisition de Mayan est faite pour le prix total de trois mille deux cent cinquante livres. C'était un prix de faveur, car la veille, V" février, Cash et madame de Warens avaient vendu huit mille livres, en apparence, quatre mille en réalité, les deux tiers d'une action, au sieur Laurent Rocbe, de Saint-Gentx, ancien garde-

i. Arthivet départementaUs, série C.

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magasin de la fabrique du Reclus. Le 27 mars, Roche

voyant que cette portion était modique a prié avec beaucoup d'instance la baronne de Warens et H. Mayan que, des actions qu'ils ont ensemble, ils voulussent par un effet de bonté lui en céder une encore.

Sur quoi, madame de Warens et Mayan,

connaissant l'intégrité et la droiture de Roche dans les affaires, adhérent à sa prière... et lui cèdent une de leurs actions au prix de douze mille livres qu'il promet de payer dans un court délai, ainsi que les huit mille livres, pour les deux tiers de l'action achetée précédemment '.

Il était ainsi censé payer douze mille livres ce qui ne revenait à Mayan qu'à trois mille deux cent quarante livres. Ce n'est pas tout, et Mayan était décidément un homme habile, l'on convient dans ce même acte que les vingt mille livres dues par Roche appartiendront en commun à Mayan et à madame de Warens qui libère en même temps le nouvel associé des trois mille deux cent cinquante livres qu'il doit pour son achat du 2 février. Mayan devient ainsi, sans bourse délier, propriétaire de deux

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