Le secrétaire qui en 1156 se mourait d'un abets dans
la poitrine.
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exprès pour cela, pourra vous expliquer toutes choses. Soyez assuré que ceux qui auront la bonté de nous prêter cet argent ne risquent pas plus que s'ils le gardaient dans leur poche. M. Hoche est bien en état de faire honneur à, ses engagements, et l'application de cet argent est pour une chose qui est solide. Si Dieu veut m'accorder la grâce, par le secours de mes amis, de pouvoir soutenir ce petit établissement, c'est un pain quotidien qui me mettra à l'abri de bien des incertitudes pour l'avenir.
Cest ce qui fait que je vous prie en grâce de vouloir me tendre la main, pour me procurer les moyens de réussir. Dieu vous le rendra et je ne cesserai d'être avec la plus parfaite reconnaissance, le plus entier dévouement et le plus profond respect, monsieur et cher baron, votre, etc.
La lettre suivante parait indiquer que M. d'Angeville reçut honorablement le messager de son amie, mais qu'il ne lui prêta pas les cinquante louis.
La correspondance s'en ressentit, et, dans une lettre que nous n'avons pas, le baron demande à madame de Warens si les observations sévères qu'il lui avait adressées l'ont «loignée de lui. Le 21 septembre, elle lui répond sur un ton enjoué, se réservant de lui envoyer encore M. Danel lorsqu'elle pourra ■disposer d'un écu. Son ambassadeur lui racon-
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tera alors ses aventures au sujet de la pauvre poterie.
Cette lettre est scellée du petit sceau de madame de Warens, un amour tenant le doigt sur la bouche, avec cette légende : Muto i non sico '.
Ce 21 septembre 1158. Nezin.
Monsieur Je nay put me résoudre mon cher Baron, d'avoir lhoneur de vous écrire, que je neu enfin quelque chose de terminez, cependant comme il faudroits des volumes pour vous instruire par écrit des avanture qtiil marnent aux sujets de ma pauvre fabrique de Terrailles, qui me donent pour le moins autant de peines que le fameux Donquichotle de la Mendie en éprouvât autrefoy dans sa montagne noire, pour vous mètre tout à coup aux fel de toutes ces choses, je prends la resolution des que je pouray avoir un ecus a ma dispositions de vous envoier mon embassadeur, qui vous expliqueras le tout, et vous vairez mon très cher Baron par preuve que bien loin que votre stille sinseire méloigne de vous, que je vous suis sinseirement atachees pour le reste de ma vie et vous en vairez des preuvent, lorsque mon embassadeur auras lhoneur de vous faire sa révérence qui seras le plus tôt qu'il me seras possible, par la raison que je vous ait expliques cy dessus, prenez un moment de patience je vous prie et conservez moy vôtre chère amitié ne doutes james de la sinserités de la mienes et me
1. M. Replat a traduit la légende par ces mots : muet, mais toujours tendre. L'original de la lettre est aux Archive* de la Société florimontane iTAnneey.
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croiiez jusques aux trépas avec un entier dévouements et la plus respectueuse considération, monsieur et très cher Baron,
Votre très humble et très obeysente servante La barone de Warbhs de La Tour.
M. Danel vous présente ces 1res humbles obeysenee et remerciements de Humeur de votre souvenir.
Madame de Warens apporte assez peu de variété dans ses sentiments et dans sa façon de les exprimer.
C'est peut-être à cette époque que la baronne remit à M. Danel, à l'occasion de l'un de ses voyages auprès de M. d'Angeville, le billet qu'on va lire et dans lequel elle prie son correspondant de permettre de copier certain manuscrit contenant la recette de remèdes qu'elle croit être d'une grande efficacité.
Si Hr le Baron voulait se donner la peine de livrer une copie de ce manuscrit pendant un jour que M. Danel aura l'honneur de rester auprès de lui et de s'informer à Annecy combien il en coûterait pour en faire imprimer deux cents exemplaires en bons caractères de S' Augustin et en bon papier, je lui serais fort obligée de m'en donner réponse. Je trouve que cela conviendrait bien mieux d'être donné au public que les orviétans et il y aurait plus d'honneur et de profit
à ce remède, que je recommande à la protection de M. le baron d'Angeville et il obligera sa très humble servante.
La barone de Warbhs de La Tour * .
M. d'Angeville, à qui madame de Warens, bien qu'elle lui dût probablement encore ta pension de Fabre, n'avait pas craint d'envoyer une demande d'emprunt de cinquante louis, trouvait sans doute la baronne fort indiscrète. Il s'aperçut que ses conseils étaient inutiles et lui tint rigueur. Au milieu de décembre 1758, madame de Warens lui adressa ses souhaits de bonne fête. N'ayant pas reçu de réponse, elle lui écrivit, le 20 janvier 1759 :
A Monsieur, Monsieur de Lambert, baron d'Angeville à La Caille, près d'Annecy, A La Caille *.
Monsieur, Serait-il possible, mon cber Baron, que vous eussiez le courage de continuer votre silence dans cette nouvelle année. Je vous ai offert mes vœux
1. Extrait de l'ouvrage de H. Arsène Housseye Ut Charmettes. Dans ce livre de haute fantaisie, l'Aimable, nais pen véridique écrivain a placé, A côté de quelques documents authentiques, de nombreuses pages prises dans les Mémoires de madame de ffatwi de Doppet, lesquels, on le sait, ont été forgés de toute pièce à l'aide des Confettioni.